Après le sommet des chefs d’Etats d’Afrique en 2009, Madagascar s’apprête déjà à organiser le sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de la Francophonie en 2010. La grande île a été choisie, hier au Québec, pour abriter cette rencontre au sommet des pays ayant en usage la langue française, au détriment du Zaïre ou de la République Démocratique du Congo. Marc Ravalomanana s’est démené comme un beau diable pour obtenir la faveur des pays membres présents. Contrairement à son homologue de Kinshasa. En fait, Joseph Kabila a snobé ses pairs. Il n’a pas fait le déplacement de Québec en préférant déléguer son ministre des Affaires étrangères. Ce qui n’a pas empêché les pays de l’Afrique centrale d’appuyer la candidature congolaise au nom de la solidarité africaine. Mais l’activisme de la délégation malgache a finalement payé. Le président en personne ainsi que le ministre des Affaires étrangères ont fait presque du porte-à-porte afin de ravir le vote des autres pays participants au sommet.

Demi-succès

Ainsi, la prochaine rencontre des chefs d’Etats francophones se déroulera à Antananarivo en octobre 2010. Presque dans la foulée du sommet africain de 2009 toujours dans la capitale malgache. Si le sommet de Québec a vu la présence minimale de 36 présidents en exercice sur les 56 membres, Madagascar devra faire mieux, s’il veut le réussir. Car en réalité, le rendez-vous de Québec est un demi-succès pour le pays hôte en raison de la courte visite du président français, le détournement de l’objet de la rencontre vers la résolution de la crise financière internationale et la faible présence des principaux dirigeants des pays membres. Comme Antananarivo tient particulièrement à son image de marque, Ravalomanana devra veiller à ce que son sommet soit une réussite. En fait, le reproche qui peut être formulé à l’endroit du pouvoir malgache est le défaut de communication sur sa candidature comme s’il s’agissait d’une affaire privée. Comme d’habitude.

Extrait Madagascar Tribune – lundi 20 octobre 2008