Le dernier concert de la 19 ème édition de Madajazzcar s’est déroulé au jardin d’Ambohijatovo. L’enthousiasme de tous les amateurs de jazz promet une bonne perspective pour 2009.
Madajazzcar 2008 tire sa révérence. Il est digne d’un grand festival. Une fois encore, le public était fidèle au rendez-vous bien avant le démarrage du spectacle, il a témoigné sa fidélité pour le jazz, samedi dernier au jardin d’Ambohijatovo. Par ailleurs, les prestations sont à la hauteur de son attente.
Première intervention des Suisses dirigés par Marc Perennoud Trio, ils ont entamé un swing berçant avec une formation classique «piano-basse-batterie», mais dont l’expression, alternant douceur et agressivité, est qualifiée de post-moderne, réunissant harmonie, complexité, subtilité et finesse.
À son tour, Nicolas Vatomanga Quintet, composé de jeunes musiciens derrière un véritable sorcier de l’instrument à vent, a démontré que jeunesse et simplicité riment avec efficacité, en abordant un répertoire fusionnant les airs locaux avec du blues. Pour le concepteur qu’est Nicolas Vatomanga, l’ambition est claire. «On est en train de former une relève du jazz», confie-t-il.
Et histoire de varier les tons, Rija Ramanantoanina le crooner, comme on le dit, a amené le public dans une morphologie « très variété » du jazz. En présentant des tubes connus, cette prestation a été une des plus appréciées. Sinon, un bœuf avec les guitaristes norvégiens Frode Kjekstad et le malgacho-portugais Tiana Rahary, rejoints par les chanteuses Mariannick Saint-Céran, la Malgache Joëlle Claude, ont tous faits leur petite merveille.
La partie s’est achevée en beauté avec un Boney Fields super en forme, entouré du guitariste norvégien Frode Kjekstad ainsi que des musiciens malgaches tels Solo Andrianasolo à la guitare, son frère Haja à la basse, Ranaly à la batterie, etc, ils ont donné un chaleureux rythm’n’blues, festif et très rythmé qui, du gospel au rock’n’roll, ont fait bouger toute l’assistance. Un bœuf géant a achevé la soirée, quand tout le monde est monté sur scène.
Côté organisateurs, la satisfaction est tangible. «Malgré un faible budget de fonctionnnement , Madajazzcar réussit toujours son pari. Les négociations avec les artistes de renom étrangers et locaux demeurent concluants» déclare Désiré Razafindrazaka, président du comité d’organisation du festival. Rendez-vous pour la 20 ème édition d’ici un an.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4137 du 20-10-2008