Ces cinq dernières années, Madagascar connaît des perturbations climatiques. Le réchauffement global de la planète pourrait expliquer ces changements, dont des cyclones de plus en plus dévastateurs.
A cause du changement climatique, le nombre et la force des cyclones tropicaux connaissent des changements par rapport à ceux observés auparavant. L’année dernière, le service de la recherche appliquée de la direction générale de la météorologie (SRADGM) a fait une remarque particulière sur leurs formations dans la zone dans laquelle Madagascar est concerné.
A l’issue de leurs études, les météorologues soutiennent l’hypothèse de l’intensité des cyclones par rapport à leur nombre. «Le risque élevé d’un cyclone intense est à craindre. Même s’il n’y aura qu’une seule formation cyclonique touchant Madagascar, il faut surtout se méfier de sa violence. Nous ne sommes pas épargnés par le changement climatique», met en garde Nirivololona Raholijao, chef de service du SRADGM.
Le passage des deux derniers cyclones précédents, Fame et Ivan, témoigne de la justesse de la remarque.
Effet de serre
Le calendrier cyclonique de cette année semble perturbé. «Auparavant, les prévisions climatologiques de passage des cyclones s’étalent entre janvier et mars. Ce qui n’est plus le cas actuellement», poursuit-elle. De fait, elle signale que les conditions de formation de cyclones sont favorables entre octobre et décembre.
Plus généralement, une quantité croissante d’indices témoigne d’un réchauffement de la planète et d’autres modifications du système climatique.
Ainsi, la température moyenne de surface, c’est-à-dire celle de l’air au-dessus des terres et celle à la surface de la mer, a augmenté de 0,6°C au cours du XXè siècle. De même, le niveau moyen de la mer a progressé de 10 à 20 cm. A côté de la perturbation du calendrier cyclonique, la fréquence et l’intensité des sécheresses ont augmenté durant les dernières décennies.
Au total, les experts s’accordent à dire que le réchauffement observé résulte de la hausse de la concentration des gaz à effet de serre.

Le littoral reste vigilant
aLa situation géographique des formations cycloniques est observée dans l’océan Indien. Sans discussion, le littoral Est doit se préparer aux prochains cataclysmes de cette année.
“Il faut que la population de cette partie de l’Ile se prépare à l’avance”, prévient Nirivololona Raholijao.
L’année dernière, les deux cyclones Fame et Ivan ont ravagé des lieux d’habitation et des milliers de champs de culture dans la région Analajirofo, au mois de février. Ils ont aussi fait une centaine de victimes, sans parler de plusieurs centaines de sans-abri.
Dans le cadre de cette prévention, le Bureau national de la gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), en collaboration avec Care international, prend en charge la prévention contre les calamités naturelles dans cette partie est de Madagascar.
Des activités d’urgence sont déjà déployées dans une trentaine de communes afin d’amortir les chocs des intempéries. “Nous sommes actuellement en train d’identifier les sites pour abriter les sinistrés. Des équipes rôdées dans le domaine de la gestion des risques sont en place pour effectuer les travaux”, souligne Noro Ratsimbazafy, responsable du projet d’Appui à la gestion des risques et catastrophes auprès de Care International.
Des fiches d’enquêtes initiales multi-aléas se trouvent à la disposition d’une trentaine de responsables communaux dans la région Analanjirofo et Atsinanana ainsi que dans d’autres districts comme Vavatenina, Mahanoro et Vatomandry.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4132 du 14-10-2008