22 réserves touristiques d’une superficie de 3 000 hectares réparties dans toute l’île sont proposées aux potentiels investisseurs touristiques. La moitié est à créer si l’autre moitié est en cours de création ou existe déjà. Une bonne partie de ces réserves sont difficiles d’accès, d’où l’hésitation des investisseurs, sans oublier le problème d’énergie. N’empêche, la fréquentation touristique a connu une hausse de 500% entre 1996 et 2006. L’objectif est d’arriver à 500 000 touristes d’ici 2012. Pour atteindre ce but, le besoin en accueil se chiffre à 24 000 nouvelles chambres. Les moyens pour atteindre ce but ne sont pas encore tout à fait établis. Faut-il construire et attirer les touristes après, ou agir inversement ? Les hôteliers accusent les compagnies aériennes de faire blocage au secteur touristique en appliquant des tarifs aériens prohibitifs. D’un côté, les compagnies rétorquent que même si elles bradent les prix de transport aérien et que les touristes arrivent, les infrastructures d’accueil font défaut. Le secteur en est encore là pour le moment.

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- L’insécurité compromet son essor

L’insécurité ambiante qui sévit ces dernières années, notamment ces derniers temps, inquiète fortement le secteur touristique. D’autant que certains malfaiteurs s’en prennent directement aux touristes, ils en font même leurs cibles privilégiées. Un opérateur touristique de Toliary note que, malheureusement, les mauvaises nouvelles, comme l’attaque de touristes, circulent très vite entre voyageurs, par le biais de l’Internet surtout. Pour le moment, il n’y a pas encore d’annulation de réservation en masse, mais il y en a quelques-unes.

En cas de doute, les investisseurs reculeront

L’essor du secteur touristique est encore balbutiant à Madagascar, ce n’est vraiment pas le moment de le compromettre. Non seulement, les opérateurs en place sont instables mais les potentiels investisseurs qui ont le choix entre de nombreux pays ne choisiront pas forcément Madagascar. En cas de doute sur la sécurité, pas seulement sur la sécurité de l’investissement mais aussi sur la sécurité physique, les investisseurs sérieux ne se hasarderont pas à venir ici. La comparaison avec d’autres pays à forte insécurité comme l’Afrique du Sud ou le Kenya, mais qui attirent toujours autant de touristes, n’est pas valable. Ce pour plusieurs raisons. Ce sont des pays qui ont un long passé touristique avec un marketing très offensif. Ce qui n’est pas notre cas. Les opérateurs font de leur mieux pour protéger leur clientèle. Ils mettent des agents de sécurité dans les cars de touristes par exemple. Ceci peut être efficace pour les voyageurs en groupe mais non pour les touristes en voyage individuel.

Extrait Madagascar Tribune – lundi 13 octobre 2008