Depuis quatre mois, une centaine d’ouvriers, avec des engins de travaux publics, terrassent et goudronnent les rues de Mahajanga. Elles bénéficient d’une réhabilitation afin de leur donner une nouvelle jeunesse et d’embellir la ville.

Les taxis et les pousse-pousse devraient casser moins leurs essieux à cause des nids-de poule au milieu des chaussées à Mahajanga. Les rues de la ville seront alors lisses comme des pistes d’atterrissage grâce aux travaux engagés par la mairie et la direction interrégionale des Travaux publics et de la météorologie.
Les riverains des artères à réhabiliter souffrent du bruit, des poussières et surtout des dérangements causés par les déviations. Par contre, tout le monde se réjouit déjà d’utiliser bientôt des « autoroutes » partout dans la Cité des Fleurs.
« Une chaussée bien bitumée est signe de développement. Je n’ai jamais pensé qu’un jour cette rue de Tsararano serait rénovée. Alors j’attends avec impatience la fin des travaux », s’extasie Josiane, une gargotière opérant sur le trottoir de Tsararano.
Sa voisine, Angela, également gargotière a, quant à elle, peur pour l’intégrité corporelle des enfants du quartier.
« Certains véhicules ont tendance à rouler trop vite. Il y a déjà eu trois accidents depuis le terrassement de la route de Tsararano Ambany. Ainsi, un motard a dérapé en virant, deux voitures sont entrées en collision et une autre a renversé une fillette, la blessant grièvement», constate-t-elle.
« Il faudra donc que la commune prenne des mesures de prévention plus efficaces pour protéger nos enfants », suggère Angela.
Des habitants le long de l’avenue Gillon qui rejoint le Bord de la mer s’insurgent. « Il n’est pas logique de rénover en priorité les rues transversales allant vers Magro et Tiko. L’objectif n’est-il pas de s’occuper d’abord de celles menant à la résidence du président de la République et au siège régional de la Banque centrale ? », critiquent certains d’entre eux.
Embellissement
Pour sa part, le maire Jean Nirina Rakotoarimanana explique que l’embellissement de la ville constitue sa première priorité. « On ne peut pas tout changer du jour au lendemain. Cela dépend des financements que nous avons trouvés auprès des bailleurs de fonds », tempère-t-il
« Mahajanga est au carrefour de divers projets touchant l’exploitation minière, le tourisme, et la pêche. Nous devons nous préparer davantage à accueillir des investisseurs étrangers », explique le maire de la commune urbaine.
L’amélioration des infrastructures routières constitue une condition sine qua non pour arriver à les attirer. D’ailleurs, « des investisseurs commencent à venir en masse. C’est pourquoi l’Etat soutient notre effort en la matière », conclut le premier magistrat de la ville de Mahajanga.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4128 du 09-10-2008