Annoncé en juin, le projet de conservation et de restauration des forêts de Madagascar a pris hier son envol à Antaninarenina. Un décollage vertical qui a pour commandant de bord le directeur qualité, environnement et développement durable de la compagnie, Pierre Caussade. Il a pour copilotes Matthieu Tiberghien de GoodPlanet et Anitry ny Ala Ratsifandrihamanana de Wwf Madagascar. Le projet est en effet confié à ses deux entités spécialisées chacune dans la protection de l’environnement. Présenté comme « novateur », il a « pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts malgaches ». Le projet est doté d’un budget de 5 millions d’euros entièrement financé par Air France et il durera trois ans. GoodPlanet coordonne les activités, analyse les différentes données tandis que Wwf Madagascar en assure l’opérationnalité sur terrain compte tenu de son savoir- faire et de son expertise.

Plan de vol

Avant la mise sur orbite hier, l’équipage composé du trio Air France, GoodPlanet et Wwf Madagascar a dévoilé le plan de vol du projet aux autorités malgaches, aux autres intervenants dans le domaine de l’environnement et à la presse. Ce qui a donné une occasion à l’assistance d’exprimer quelques inquiétudes notamment sur la juxtaposition des différents projets des divers intervenants sur le ou les mêmes sites. Harisson Randriarimanana, ministre de l’environnement, a tenu à les rassurer en disant que son département veille à la coexistence pacifique des uns et des autres. Pour Matthieu Tiberghien de GoodPlanet, « il s’agit de ne pas faire ce qui a déjà été fait par d’autres et aussi d’intervenir là où la place existe ». Pierre Caussade d’Air France s’est aussi voulu rassurant en révélant que « personne ne doit s’inquiéter puisque la compagnie reste ouverte à d’autres initiatives et à d’autres intervenants ». Prête à mettre le prix pour faire du ciel l’endroit le plus propre de la terre.

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- Le projet en chiffres

500 000 ha de forêts humides et épineuses seront couvertes par le programme. Réparti sur 15 sites, il prévoit la création de nouvelles aires protégées sur 350 000 ha, l’appui aux autorités locales pour le lancement du processus de création de l’aire protégée de Marojejy à Tsaratanàna sur près de 200 000 ha dans la nord du pays, le transfert de la gestion des ressources naturelles du gouvernement vers les communautés locales sur quelques 140 000 ha, la plantation d’arbres pour le bois de chauffe ainsi que la restauration de paysages forestiers dans les zones fortement dégradées. Les activités de restauration sont de deux ordres : la mise en place de pépinières communautaires dont les plants d’essences autochtones et la mise sous protection de parcelles forestières vouées à une régénération naturelle.

Volet humain

S’agissant du volet humain du projet, Air France précise dans son communiqué que « chaque transfert de gestion des ressources naturelles aux communautés locales impliquera entre 100 et 700 personnes en moyenne dans les zones de forêts humides et 400 personnes en moyenne dans les zones de forêts épineuses ». Autrement dit, des études d’impact ont été menées avec précision pour parvenir à ces estimations. Ce projet ambitionne aussi « la mise en place de pratiques agricoles durables permettant de limiter le recours aux brûlis, puis de générer à terme des revenus complémentaires aux ménages malgaches concernés ». Pour ce qui concerne la lutte pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, Pierre Caussade déclare que « grâce à ce projet, ce sont potentiellement 60 à 70 millions de tonnes de carbone stockées qui pourront être préservées ». « La diversité biologique exceptionnelle de l’île et la présence historique d’Air France ont été des critères décisifs pour la localisation de ce projet à Madagascar ».

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- Fondation Air France : Quatorze interventions à Madagascar

Depuis sa création en 1992, la Fondation d’entreprise Air France est intervenue dans quatorze différentes actions à Madagascar. En 2008, elle soutient les associations « Aina, Enfance et Avenir » « Sos Villages d’enfants » et « Un puits, une école ». Chez « Aina », « le projet consiste en la construction d’un bâtiment pouvant accueillir une cinquantaine d’enfants en âge scolaire. » Avec Sos Village d’enfants, il est prévu « le développement d’un centre de football afin de faciliter l’accès à l’éducation des jeunes par le biais du sport ». Enfin avec Un puits, une école, la Fondation agit pour la reconstruction d’un établissement scolaire détruit par un cyclone. Depuis 1995, onze autres associations ont bénéficié des largesses d’Air France à travers sa Fondation. En 1995, « Centre Energie » a pu accueillir des jeunes de 7 à 15 ans « désireux de s’en sortir ». Pour eux, elle a financé la construction d’une ferme- école et un stage pour les jeunes. En 1997, l’association La Procure des Missions a ouvert une école maternelle à Talata Ampano pour une cinquantaine d’enfants issus de familles démunies.

Passerelle pour l’Espoir

En 1998, Air France participe à la construction d’un centre d’accueil et de soins d’urgence aux enfants en danger ou maltraités à Antananarivo avec Les Amis de Topaza. En 2003, elle prend en charge la scolarité d’une quinzaine d’enfants avec l’association Scolarité et Développement ; en collaboration avec ATD Quart Monde, elle finance une partie d’une bibliothèque à Antohomadinika ; en partenariat avec Enface et Espoir, implantée à Antananarivo, elle prend part aux dépenses liées à l’équipement d’un préscolaire ainsi qu’au fonctionnement d’une cantine aux 67 ha. En 2006, Handicap International et Solidarité Parasols- Passerelle pour l’Espoir (Sppe) se voient supporter par Air France dans leurs efforts respectifs d’encourager la prise en charge améliorée de l’éducation des enfants défavorisés et/ou handicapés à Isotry, et à l’achat d’une camionnette pour l’approvisionnement du riz et l’évacuation des enfants à charge pour Sppe. Enfin, en 2007, trois Ong (Bel Avenir, Manaodé, Solidarité Parasols- Passerelle pour l’Espoir (Sppe) se voient octroyer des aides d’Air France pour leurs projets respectifs : mis en place d’un programme d’éducation de base à Toliara et Fianarantsoa ; assurer la continuité et le développement du suivi des enfants retirés de la rue à Antananarivo, et la création d’un atelier de jeux et d’éveil pour les enfants de 0 à 5 ans dans un quartier pauvre de la capitale.

Extrait Tribune Madagascar – mardi 30 septembre 2008