De retour au pays après le concert à l’Olympia, Jaojoby, le roi du salegy, nous donne ses impressions sur cette aventure excitante.

• Comment résumez-vous votre passage à l’Olympia ?
Avant tout, je tiens à signaler le grand professionalisme de Kanto Production, la maison promotrice de l’événement. Depuis le 11 septembre, des grandes stations de radio, telles la FNAC, la RFO, la RFI, Africa N°1, Radionova, m’ont ouvert les portes pour des interview et des show-cases. Le 20 septembre à l’Olympia, j’étais agréablement surpris par l’accueil que j’ai reçu. Le public est à majorité blanche, mais il n’hésite pas à prendre en choeur tous les tubes comme «Alima», «E tiako», «Arô malemilemy», «Tia anao zaho ô», etc. Le public a acclamé, crié et dansé au rythme du salegy, exactement comme on le fait chez nous. Ça a beaucoup donné de la joie à un Malgache dont je suis.

• Quelle est la particularité de cette aventure par rapport aux autres scènes internationales ?
L’Olympia a une valeur particulière du fait que les Français eux-mêmes accordent beaucoup d’estime à ce lieu. Aucun artiste ne peut s’y produire que lorsqu’il bénéficie de la sympathie des Français. Mais à ma demande, tous les sièges de l’Olympia ont été supprimés pour que le public puisse danser autant qu’il veut. Nous avons ouvert le spectacle avec l’hymne national malgache. A la fin du spectacle, le propriétaire du lieu lui-même m’a félicité et m’a offert un bouquet de fleurs. Des gestes aussi simples mais qui m’ont tellement marqué. J’avais participé à des grands festivals internationaux, mais jamais, je ne m’étais senti aussi honoré.

• Et sur le plan artistique, n’avez-vous rien à vous reprocher ?
Je peux dire que la chance a été aussi de notre côté. Par exemple, je ne m’attendais pas du tout à la participation de Seth Ramaroson à ce concert, mais il a été présent pour nous donner un coup de mains à travers quelques morceaux. De même pour Nicomad qui a joué également au saxophone et à la flûte. Ces illustres musiciens ont été en tandem parfait avec Hubert, mon saxophoniste attitré. Ou encore l’intervention très réussie du rappeur Lova venu avec ses trois camarades. Tout cela a énormément donné vie au spectacle. Cela m’a convaincu que ma musique ne peut pas avoir de limites. On peut la jouer de diverses manières.

• Quel est votre projet actuel ?
Pour le moment, je n’ai rien de spécial à signaler. Comme vous le constatez, les promoteurs locaux s’intéressent davantage aux jeunes talents et je n’ai rien à y reprocher. J’ai été toujours là depuis une vingtaine d’années et je suis d’accord que les jeunes d’aujourd’hui méritent aussi la promotion. Mais je suis content que des tourneurs internationaux me considèrent encore comme une référence par rapport à la musique malgache et me sollicitent.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4118 du 27-09-2008