Tous les ans, la période cyclonique reste une source d’anxiété pour les habitants deMorondava, capitale de la région Menabe. L’érosion par la mer menace les constructions érigées au bord de la plage.
La montée de la mer constitue toujours un événement inquiétant pour les habitants de Morondava, à chaque saison de pluie. Avec une vigueur souvent violente, la marée ronge inexorablement les côtes de la région.
Le phénomène provoque des effets néfastes sur les habitations construites le long du bord de la mer. Tout comme ceux de la cinquantaine d’infrastructures bâties sur la plage, les membres du personnel de l’hôtel Arche de Noé s’attendent chaque jour à une montée de la crue maritime. « Afin de protéger les fondations des chambres d’hôtel, nous érigeons tous les après-midis des sacs de sable autour des bâtiments », explique Dada un membre du personnel de l’hôtel.
« C’est dérisoire par rapport à la forte pression de la mer, mais il vaut mieux faire tout ce qui est en notre pouvoir au lieu d’attendre les bras croisés », poursuit-t-il.
Les effets de la montée des vagues et de la houle représentent un danger tous les jours pour les habitants, mais la vigilance est redoublée pendant la période cyclonique.
« En dix ans, la mer a déjà englouti un kilomètre et demi de la plage de Morondava », témoignent les pêcheurs d’Avaradoha.
« Une boîte de nuit, dénommée Harris, non loin de l’Arche de Noé, et le restaurant Etoile de mer ont existé, mais tout cela ne constitue que de l’histoire ancienne maintenant », regrette Dada.
Début des travaux
Non loin de l’Arche de Noé se trouve la maison d’Ashi. Une habitation qu’il a hérité de ses parents.
« J’ai vécu ici toute mon enfance mais à cause de la mer je dois, tôt au tard, quitter cet endroit. J’emporterai alors les tôles qui ne sont pas rouillées par la mer pour construire notre nouvelle maison. Le problème, c’est que je n’ai pas encore les moyens financiers pour acquérir un nouveau terrain pour la construire » se plaint-il.
Concernant les bâtiments administratifs vétustes qui se trouvent au bord de la mer, « un projet d’en construire de nouveaux dans le centre ville est déjà envisagé en 2002. En fait, le début des travaux dépend beaucoup de la disponibilité de l’argent », tient à préciser Ndriamasiarison Mamy Elysé, chef de région Menabe.
Mais les habitants dans les quartiers se trouvant au bord de la mer ne sont pas les seules victimes de la montée de la mer, les routes desservant la ville deviennent presque impraticables à cause de l’eau qui envahit partout jusqu’au centre de la ville. « De ce fait, des tonnes de sable recouvrent toutes les rues quand la mer se retire. D’où la nécessité de l’assainissement de la ville », conclut le chef de région.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4116 du 25-09-2008