MEDECINE TRADITIONNELLE MALGACHE. Les plantes ont souvent des noms vernaculaires selon les ethnies ou les endroits.

La phytothérapie occupe une place importante dans la médecine traditionnelle malgache. Plusieurs recettes ont été collectées sous forme écrite, le premier document datant de 1658. Actuellement, plus de 6 000 plantes font l’objet d’utilisations médicales à Madagascar, d’après la banque de données informatisées de l’IMRA. Les plantes ont souvent plusieurs noms vernaculaires, selon les ethnies ou les endroits où elles poussent. Cette diversité des noms vernaculaires reflète également une diversité de culture. Chaque nom vernaculaire possède une signification précise.
Malgré la diversité culturelle au niveau des ethnies, les croyances médicales des Malgaches reposent sur une base commune, qui est la croyance en Dieu et le culte des ancêtres.
Les fondements conceptuels de la médecine malgache s’appuient sur ces croyances. Ainsi la maladie n’est pas naturelle, tout comme la mort. Mépris des ancêtres et de leurs coutumes, oppression des faibles, contestations et disputes familiales, transgressions des tabous, sont parmi les causes de maladies. Elles peuvent aussi être causées par un mauvais esprit, un ensorcellement, qu’il va falloir dénoncer en consultant les oracles, les mpisikidy (devin-guérisseurs), avant d’entreprendre la thérapie à proprement parler. Le traitement des affections est alors pratiqué dans une ambiance socioculturelle propre, dominée par les convictions éthiques et métaphysiques. Prélever un organe ou du sang chez un malade est un sacrilège, et ceci rend difficile les diagnostiques de certaines maladies, comme le paludisme ou le Sida.
La guérison à l’aide des plantes remonte aux années 5000 avant Jesus Christ et leur utilisation a connu une évolution significative depuis.

Au cours des siècles

Au fil des siècles, diverses pratiques ont été développées pour extraire les principes actifs des plantes. La médecine par les plantes est née en Inde près de 5000 ans avant JC et s’est propagée en même temps que le bouddhisme dans toute l’Asie. Le premier texte connu sur les vertus médicinales des plantes n’a été gravé que 2000 ans plus tard, sur des tablettes d’argile par les Sumériens, en basse Mésopotamie. Depuis, l’homme cherche inlassablement à percer leurs mystères et à en découvrir l’ensemble des qualités thérapeutiques. En Chine, dès le 1er siècle, 250 plantes médicinales étaient cataloguées suivant leurs lieux de production, leur mode de préparation et leur action sur un organe précis. A cette époque en Occident, le médecin grec Hippocrate avait déjà posé (au 1er siècle avant J.C) les grands principes curatifs de plus de 200 variétés de plantes actives sur la beauté et la santé des femmes. Au Moyen-Âge, les plantes sont largement associées à la médecine. Les premières boutiques d’apothicaires apparaissent en Europe au 13ème siècle et les plantes locales s’utilisent massivement dans des tisanes, des décoctions ou en onguents. Les progrès de la science dans les années 30, permettront également un rapprochement significatif entre la pharmacopée végétale et la médecine plus « classique » basée sur la chimiothérapie. Différents principes actifs de plantes ont ainsi pu émerger : la morphine, la quinine, etc … permettant la reproduction par synthèse de remèdes et donc la découverte de nouveaux médicaments.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7639 du 24 septembre 2008