Etant la 113è partie contractante à la Convention de Ramsar sur les zones humides, le 25 septembre 1998, Madagascar possède actuellement 6 sites Ramsar. « Classer un site quelconque comme site Ramsar n’est pas une moindre affaire », selon Rasoavahiny Laurette, directeur du Système des Aires Protégées, car des conditions préalables devraient être accomplies comme la mise en place d’un plan d’aménagement pour une exploitation rationnelle et une gestion durable des zones humides, la conservation du site, la réalisation des études socio-économiques et environnementales permettant de mettre en valeur le site afin qu’il y ait un impact positif pour la communauté.

Par ailleurs, un site Ramsar devrait être un type de zone humide représentatif, rare ou unique, ou encore une zone humide d’importance particulière pour la conservation de la diversité biologique. Le site devrait abriter des animaux ou des plantes menacés d’extinction. Il compte habituellement 20.000 oiseaux ou plus et un nombre important d’espèces de poissons indigènes ou ayant une importance économique, sans parler de source d’alimentation, de frayère ou de zone d’alevinage pour des espèces de poisson.

Compte tenu de sa riche biodiversité, notre pays dispose de plusieurs zones humides, mais leur exploitation nécessite des financements adéquats pour pouvoir remplir les conditions requises par la convention de Ramsar. De ce fait, Madagascar compte 6 sites Ramsar, à savoir le lac Tsimanampetsotsa (Toliara), le complexe de 4 lacs de Manambolomaty (Mahajanga), le lac Alaotra, le marais de Torotorofotsy (Andasibe), le parc de Tsarasaotra (Alarobia-Antananarivo) et le lac Bedo.

Le site Alaotra est le plus grand à Madagascar car ayant une superficie de 722.500 ha et comportant un grand lac d’environ 20.000 ha, entouré de 23.500 ha de marais et de 117.000 ha de rizières, sans parler de 500.000 ha de bassins versants environnants et de cours d’eau.

Premier site privé mondial

Le parc de Tsarasaotra est le premier site privé mondial classé dans la liste Ramsar. Il est inscrit sur la liste des zones humides d’importance internationale depuis mai 2005. Ce parc d’une superficie de 27 ha représente un site exceptionnel au milieu d’un environnement de plus en plus urbanisé. Il est connu depuis des années pour ses oiseaux d’eau et constitue un lieu de reproduction des hérons et de refuge pour les canards pendant la saison de chasse. Renfermant 14 espèces et sous espèces endémiques d’oiseaux d’eau, le parc constitue un site d’observation de l’avifa, une espèce reconnue par les institutions environnementales internationales. Des investissements conséquents s’imposent pour faire de nos sites Ramsar des lieux par excellence pour la préservation de l’environnement, et partant pour l’atteinte de développement socio-économique. D’autant plus que les signataires de la convention de Ramsar pourraient avoir le privilège d’aides appropriées à l’aménagement et à la gestion de leurs sites respectifs.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 18 septembre 2008