Les zones humides, lieux d’habitation des oiseaux migrateurs malgaches, sont menacées de destruction. Les grands voiliers qui voyagent entre Madagascar et l’Afrique de l’Est ainsi que ceux qui se déplacent à l’interne en sont concernés.
Les oiseaux migrateurs malgaches, notamment ceux qui effectuent une migration régionale entre l’Afrique et Madagascar et à l’intérieur sont menacés.
Dans la Grande île, leurs lieux d’habitation, surtout les zones humides comme les lacs, risquent la destruction. L’inventaire de Bird Life international porte actuellement le nombre des sites de conservation d’oiseaux d’eau à 84, dont 50 sont des voies migratoires.
Le lac Ihotry, par exemple, subit depuis des années des pressions d’origine humaine comme la surpêche. Or, les petits poissons constituent la base de l’alimentation des oiseaux au moment où ils restent à Madagascar. C’est à cause de l’abondance de la nourriture dans un endroit donné qu’ils migrent généralement à partir des mois d’avril et de mai.
D’autres activités devastatrices, comme les feux de brousse, demeurent en outre une menace permanente sur les lieux d’habitation des oiseaux.
«A cause du dénuement du sol, les débris apportés par l’eau de ruissellement se déversent massivement dans les lacs. Les nappes de ceux-ci sont actuellement de plus en plus remplies de boue», fait remarquer Rivo Rabarisoa, coordinateur de programme des zones humides auprès de Bird Life International. Le défrichement de la fôret de Mikea, qui se trouve à côté du lac Ihotry, est à l’origine de ce phénomène. Le lac de Kinkony, le deuxième plus grand marécage de Madagascar subit également ce mauvais sort, alors qu’il sert de gîte aux oiseaux migrateurs.
Au lac Alaotra, l’extension des zones de culture et de pêche a changé la qualité de l’eau, dans la mesure où les produits agricoles polluent les eaux. Les petits poissons sont intoxiqués pour les oiseaux migrateurs que sont les «bandro», typiques de l’Alaotra.

Le héron crabier blanc en danger
La famille des glaréoles, dont le héron crabier blanc en fait partie, une espèce en danger selon le classement international, est victime de la déstabilisation de son lieu d’habitation.
Si en 1997, l’unité de comptage des oiseaux auprès de Bird Life International les estime entre 2 000 et 6 000 individus, actuellement le nombre de hérons crabiers blancs a chuté à moins de 4 000 individus.
Les experts ornithologues font remarquer que ce déclin est engendré par l’existence d’espèces envahissantes dans les étangs. «Les nénuphars ainsi que les poissons qui dévorent les proies des oiseaux les font refouler au moment où ils ont le plus besoin de nourriture», signale un autre responsable de Bird Life International.
A Antananarivo, le héron crabier blanc est visible au parc national de Tsimbazaza et au parc Tsarasaotra. Un phénomène inquiète les ornithologues, dans la mesure où cette glaréole a disparu de Tsarasaotra au mois de janvier, période où elle devait encore y être.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4109 du 17-09-2008