L’inquiétude envahit le monde des opérateurs économiques. L’appréciation de l’ariary perturbe les exportations et cause des chamboulements dans le calcul des coûts.
Frustration chez les exportateurs. L’appréciation de l’ariary gêne la compétitivité des sociétés d’exportation. L’inquiétude commence, aujourd’hui, à gagner les entreprises franches. Selon les explications de Sandrine Rakotovao, coordonnatrice de cluster Text’île mada, les entreprises franches payent toutes les charges fixes en ariary. Du coup, elles enregistrent d’importantes pertes puisque leurs ventes se font en devise.
Baisse des taxes
La situation suscite déjà des réactions au niveau des membres du Groupement des entreprises franches (GEFP). Ce dernier a déjà sollicité une intervention de l’état et des bailleurs pour en réduire les impacts.
« Une rencontre avec une mission du Fond monétaire international est prévue, lundi. L’appréciation de l’ariary figurera sans doute à l’ordre du jour » révèle Jacky Radavidra, président du groupement.
Les importateurs, par contre, jouissent de la bonne santé de la monnaie nationale. A commencer par une baisse des taxes douanières qui varient selon le cours journalier des deux monnaies de référence à savoir l’euro et le dollar. La remontée de l’ariary réduit également le prix d’achat des produits importés. Le prix des carburants, par exemple, pourrait diminuer avec cette appréciation de l’ariary. Mais pour l’instant, les opérateurs du secteur ne veulent pas se réjouir trop vite. « Il faut voir si cette appréciation durera longtemps », précise un responsable au sein d’une compagnie pétrolière.
Les avis divergent donc quant aux impacts de la remontée de l’ariary. Une situation qui devient une arme à double tranchant pour l’économie du pays. Les analyses des économistes sont également assez diversifiées mais recommandent toutes une stabilisation de la fluctuation.
« Evidemment, une appréciation de la monnaie ne peut qu’illustrer une bonne santé de l’économie. Mais le plus important est de donner une visibilité à long terme aux opérateurs pour qu’ils puissent en anticiper les conséquences », explique un enseignant à l’université.
La Banque centrale est déjà intervenue sur le Marché interbancaire de devises (MID), au début de cette année, en émettant des titres face à une appréciation rapide de l’ariary. Cette fois-ci, elle n’a pas encore donné sa position officielle.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4107 du 15-09-2008