Quelques revendeurs détaillants, bien qu’encore minoritaires, affichent un prix en hausse de quelques centaines d’ariary.

Le grand sac de charbon de bois coûte depuis plusieurs mois, autour de Ar 9000. Mais une petite tendance vers la hausse de ce produit rend les consommateurs quelque peu inquiets. En effet, certains vendeurs, bien qu’encore minoritaires, ont déjà proposé le sac à Ar 9400. Du coup, les consommateurs se demandent si cela n’est pas le prélude d’une prochaine hausse sérieuse du prix du charbon. Il faut savoir que ce produit est utilisé par 90% des ménages malgaches et constitue la principale énergie utilisée pour la cuisson des repas. Il est vrai, un changement dans les habitudes, avec le courant de « démocratisation » du gaz, a amené un nombre important de ménages malgaches à abandonner le charbon de bois au profit du gaz. Mais avec l’envolée du prix de ce produit, certaines familles sont revenues à leurs anciennes habitudes et retrouvé le charbon. Ce, malgré les nombreux avantages apportés par le gaz, sur le plan de l’hygiène et de l’environnement, pour ne citer que cela.
Le charbon présente, aux yeux des consommateurs, l’avantage de pouvoir être acheté au détail, contrairement au gaz qui nécessite la dépense d’une somme d’argent jugée importante, en une seule fois. L’achat du charbon au détail, bien qu’au bout du compte, n’est pas forcément avantageux que d’acheter un sac entier, permet toujours aux familles ayant des rentrées d’argent irrégulières, de gérer au jour le jour leur budget. Ainsi, le changement du prix du charbon de bois, influe grandement sur les dépenses journalières des ménages.
Mais les quelques centaines d’ariary de hausse ont une explication auprès des détaillants. En effet, bien des hausses surviennent en saison pluvieuse, généralement, ce qui n’est pas le cas actuellement, les récentes réglementations sur la production du charbon de bois constituent des difficultés supplémentaires pour les producteurs. Des réglementations administratives en rapport avec les mesures environnementales que doivent impérativement suivre les exploitants, dont notamment l’obtention d’une autorisation spéciale pour l’exploitation des surfaces forestières. Ces exploitants ont, en effet, obligation de reboisement, en fonction du nombre ou de la quantité d’arbres abattus pour être transformés en charbon. Les contrôles à ce sujet se font plus nombreux ces derniers temps. Plusieurs autres autorisations sont également obligatoires, nécessitant des déplacements et des dépenses supplémentaires pour les exploitants qui se répercutent forcément sur les prix de vente aux consommateurs.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7617 du 29 août 2008