Le grand défi de Madagascar pour lutter contre le changement climatique est le reboisement. Pour l’instant, ce projet nécessite jusqu’à un million d’ariary par an et par hectare.
Les rideaux tombent sur les pourparlers d’Accra (Ghana) sur les changements climatiques. Ces pourparlers, organisés par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se sont déroulés du 21 au 28 août. Ils font partie des séries de réunions devant mener à Copenhague,
axées sur la réduction du gaz carbonique accumulé dans l’atmosphère. En effet, la déforestation favorise l’accumulation de ce gaz à effet de serre.
Madagascar a un grand défi à relever : reconstituer autant que faire se peut les hectares d’anciennes forêts détruites à cause de la pratique du tavy.
Déforestation record
« Le problème est que les fonds nécessaires pour le reboisement ne sont pas suffisants. Chaque année, Madagascar a besoin d’une enveloppe de un million d’ariary par hectare pour la reforestation », explique Lydie Norohanta Raharimaniraka, directeur de la valorisation des ressources naturelles au sein du ministère de l’Environnement, et chef de la délégation malgache à Accra.
Elle fait remarquer que les Malgaches détiennent le record de déforestation due aux feux de brousse. « Les projets de reboisement et de reforestation ne sont pas suffisants pour faire renaître les forêts détruites. Il faudrait un financement supplémentaire », ajoute-t-elle. Le chiffre officiel parle de
100 000 hectares de forêts détruites chaque année.
La déforestation s’explique aussi par l’utilisation à outrance du bois comme combustible : en bois de chauffe ou en charbon.
90 % des foyers malgaches en emploient.
Un rapport publié par le ministère de l’Environnement avance qu’à l’échelle nationale, 22 millions de m3 de bois sont consommés annuellement pour la cuisson, le chauffage, le repassage ou le séchage. L’usage de l’éléctricité est plus l’apanage des populations urbaines.
Pour le moment, la Banque mondiale et la Coopération allemande s’investissent dans des projets de reboisement à des fins énergétiques. Les investisseurs privés, quant à eux, verraient d’un bon œil un reboisement plutôt synonyme de production de bio-fuel.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4093 du 29-08-2008