ALPHABETISATION. Sept régions sur 22 sont les plus touchées par le problème d’analphabétisme dans la Grande île. 

Quelque 48% des personnes âgées de plus de 15 ans sont analphabètes à Madagascar, soit autour de 4 millions d’individus. Ce taux d’analphabétisme est évidemment encore très élevé, même si le MAP se fixe comme objectif de le réduire à 20%. Les actions d’alphabétisation ont pourtant toujours existé à Madagascar, mais celles-ci étaient menées à petites échelles et de manière disparate. D’où la nécessité de les harmoniser, de les standardiser et de les mettre à l’échelle nationale. Un draft de la stratégie nationale d’alphabétisation est justement au centre de toutes les attentions au National Leadership Institute of Madagascar, à Iavoloha, dans le cadre de la rencontre nationale sur le sujet, réunissant 150 personnes de toutes les régions de Madagascar. Objectif : mettre au même niveau la perception des différents acteurs de l’alphabétisation sur la stratégie à mettre en place.

 Méthodologies  

Il ne s’agit pas, évidemment, d’une première stratégie d’alphabétisation, car celle-ci a déjà existé depuis plusieurs années. En 2002-2003 a eu lieu l’élaboration participative du document de politique nationale de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes. S’ensuivit le décret sur la politique de l’éducation non formelle. Mais tout ceci a manqué de coordination et de mise à grande échelle, et les diverses méthodes d’alphabétisation des adultes, bien qu’aussi méritantes les unes que les autres, n’avaient atteint qu’un nombre très limité de personnes, les interventions n’ayant jamais couvert l’ensemble du territoire national.

Parmi les méthodes d’alphabétisation, des adultes comme des enfants, figurent les méthodologies ASAMA (ciblant les enfants de 12 à 17 ans et les préparant, en une année scolaire, aux examens du CEPE) ; Ambohitsoratra (s’adressant aux enfants analphabètes pour les apprendre à lire en deux mois, écrire en deux mois et à compter par des méthodes ludiques) ; Vozama (appliquée en Haute Matsiatra et Amoron’i Mania et qui consiste à alphabétiser des enfants et à les insérer en deuxième année du primaire) ; « Sambatra Izay Mahavaky Teny », méthodologie de la Société Biblique, etc.

 Six régions 

Actuellement, un nombre encore trop important de Malgaches ne savent ni lire, ni écrire, ni effectuer des calculs simples. L’ampleur du problème de l’analphabétisme n’est pas la même pour toutes les régions du pays. Sept régions sont les plus touchées et toutes se situent géographiquement dans la moitié Sud de Madagascar. Il s’agit, dans l’ordre, des régions de l’Androy, Atsimo Andrefana, Ihorombe, Atsimo Atsinanana, Anosy, Melaky et Vatovavy Fitovinany. Les 150 personnes qui se penchent depuis hier sur la stratégie nationale  d’alphabétisation ne manqueront pas de faire ressortir les meilleurs moyens de réduire, de manière efficace dans un délai satisfaisant, le nombre de personnes analphabètes. L’objectif affiché par le ministère de l’Education Nationale est d’alphabétiser, au moins 861.647 adultes de plus de 15 ans et 287.216 adolescents de moins de 15 ans, d’ici 2015. Ce qui équivaut à un taux d’analphabétisme de 27,5% en 2015. Des perspectives jugées, dans le draft, comme plus réalistes. Tout en ne perdant pas de vue, y précise-t-on, que les chiffres sont sous-évalués.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7616 du 28 août 2008