Eau et assainissement. Moins de 7% de la population en milieu rural disposent de latrines aux normes ou de toilettes à fosse sceptique. Le taux d’accès en eau potable y est aussi très faible, pas plus de 14%.  

De l’eau courante et des toilettes aux normes avec un WC à fosse sceptique dans chaque foyer ! Autrement dit : le ‘’confort’’ chez soi. C’est l’objectif national affiché au retour de la délégation malgache, conduite par le Président de la République, de la semaine mondiale de l’eau à Stockholm (Suède). «Les branchements particuliers non autorisés auparavant en milieu rural, seront dorénavant fortement encouragés. Désormais, on ne se limitera plus à l’installation des bornes fontaines et des points d’eau potable collectifs. Des efforts seront menés dans la mise à disposition d’eau courante dans les foyers », a déclaré le ministre de l’Eau, Jean Donné Rasolofoniaina, hier à Ambohijatovo Ambony.

 Station d’épuration  

«Concernant l’assainissement, les toilettes devront être aux normes avec un WC à  fosse sceptique et non plus des latrines traditionnelles. Par ailleurs, des stations d’épuration des eaux usées seront établies dans les grandes villes. Nous envisageons même de traiter les eaux usées des ménages et les affecter pour une utilisation ultérieure dans les industries, entre autres », explique-t-il.

Avec ces objectifs beaucoup plus prétentieux que ceux fixés dans le MAP (Madagascar Action Plan), le budget nécessaire pour leur concrétisation sera aussi plus conséquent. Ainsi, les 723 millions de dollars prévus pour ramener le taux d’accès en eau potable à 65% d’ici 2012 (contre 35% actuellement) et pour augmenter le taux d’accès aux infrastructures d’assainissement de 71% en 2012 (contre 52% aux dernières statistiques), seront logiquement revus à la hausse. Le ‘’confort ‘’ a certainement son prix ! « Pour l’instant, le nouveau budget n’est pas encore défini », avoue le ministre de l’Eau.

 Services payants  

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, l’Etat entend partir de la base en misant sur la contribution des 17 000 « Sefo fokontany », des autorités traditionnelles (Tangalamena, Ampanjaka…) et religieuses à travers le pays. « Des projets pilotes seront mis en œuvre dans chaque fokontany. Des sensibilisations accentuées seront particulièrement entreprises pour briser les tabous sur l’utilisation des latrines dans certaines régions. Une prime d’incitation sera aussi instaurée pour susciter une compétition fructueuse entre les communautés »,  indique toujours le nouveau membre du gouvernement.  « En outre, pour l’eau en particulier, les usagers devront apporter une contribution financière puisque la gestion de l’eau sera confiée au secteur privé. Et ce, même si les infrastructures appartiennent aux communes », précise le ministre de l’Eau. C’est dire que ce « confort » ne sera non plus offert gracieusement à la population !

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7615 du 27 août 2008