Des dépenses évaluées de Ar 1,4 million à plus de Ar 4 millions par famille

Le « Famadihana » figure parmi les traditions les plus respectées par la population malagasy. Organisé au moins tous les 7 ans, c’est une occasion pour les descendants de faire connaissance, outre la marque de respect et de reconnaissance envers les ancêtres ayant laissé un héritage à leurs enfants, au moment où la récolte s’annonce bonne ou les affaires marchent bien. Rien que dans la région de Vakinankaratra, des milliers de tombeaux ont été ouverts en l’espace de deux semaines à l’occasion de cette manifestation culturelle. Les dépenses évaluées peuvent aller de Ar 1,4 million jusqu’à plus de Ar 4 millions par famille, a-t-on appris auprès des organisateurs.

 Droits d’exhumation 

L’achat de bœuf et de porc dont l’unité coûte respectivement jusqu’à 600 000 Ariary et 500 000 Ariary ainsi que la participation en riz de 300kg en moyenne s’avèrent nécessaires pour nourrir les invités de la famille. Si les familles les plus aisées arrivent à se procurer un linceul en soie sauvage d’une valeur de Ar 140 000 pour envelopper les restes, ceux qui n’ont pas les moyens, se contentent du « lamba tavoahangy » d’une valeur moyenne de Ar 4 000 pour ce faire. En outre, les prestations des « Mpihira gasy » engagés pour assurer l’animation de la fête, ne sont pas minimes car elles sont évaluées en millions d’Ariary compte tenu des instruments de musique utilisés. Les dépenses sont encore plus importantes quand les restes exhumés provenant d’une région éloignée sont à transférer dans le caveau familial, car il faut payer les frais de déplacement. Par ailleurs, les droits d’exhumation peuvent s’élever entre Ar 20 000 et Ar 50 000 par tombeau ouvert, selon la délibération des Conseillers communaux. Il faut compter plus d’une dizaine de restes dans chaque tombeau.

 « Atero ka alao » 

D’après les organisateurs, le « Famadihana » se prépare au moins cinq mois à l’avance. Tous les membres de la famille descendante cotisent ainsi pour préparer cet événement selon leur choix. Mais si certains arrivent à faire des économies d’autres doivent souvent s’endetter pour accomplir leur devoir. En plus, le système « Atero ka alao », qui est une forme de contribution des invités obligés de payer plus qu’ils ne perçoivent lors de l’organisation de leur exhumation, n’arrive pas du tout à compenser ces dépenses réalisées, a-t-on appris. On se demande ainsi quand est-ce que la famille malagasy arrivera à cotiser en économisant pour monter un projet d’investissement productif ? 

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7615 du 27 août 2008