GEM. 58% des investissements alloués par cette entreprise australienne sont alloués directement à la communauté locale. 

En milliards d’Ariary. Tel est le montant déjà investi par la société australienne Green Energy Madagascar (GEM) pour la plantation de jatropha dans la région Atsimo Andrefana. Cette société dont la maison mère en Australie est cotée en bourse de Londres promeut deux variétés de jatropha, le Curcas et le Mahafaliensis qui est une espèce endémique dans le plateau du Mahafaly. L’an dernier, une superficie de 30 000ha a été exploitée sur la RN7 au départ de Sakaraha mais une bonne partie de la plantation a été détruite par les feux, selon M.Christian, responsable au sein de la GEM. L’investisseur australien ne baisse pas pour autant les bras en prévoyant de cultiver du jatropha sur une superficie de 60 000ha sur la RN9 à Toliara II, à la prochaine campagne qui débute en octobre prochain.

30 000 à 50 000 Ariary/semaine

Outre le renforcement des mesures de sécurité par la mise en place des pare-feux, la société GEM compte beaucoup sur l’implication des communes dans la sensibilisation de la population pour lutter contre les feux de brousse. D’autant plus que les 58% de son investissement sont alloués directement à la communauté, a évoqué Benitany Randimby, le directeur général de GEM, lors d’une visite de l’équipe du Secrétariat général du MAP, de la Primature, du ministère de l’Economie et du RRI dans la région. En effet, c’est la société qui emploie beaucoup de main-d’œuvre locale à Atsimo Andrefana. Près de 4 600 paysans y ont travaillé journalièrement durant la campagne culturale de 2007 étalée sur 4 mois. Ils ont gagné entre 30 000 à 50 000 Ariary par semaine. « Ce revenu obtenu de la plantation de jatropha m’a permis d’effectuer une extension de mes cultures de manioc, de maïs et de patate douce, mon activité principale, et non pas de l’abandonner », a témoigné Mananjaka, un des bénéficiaires.

200 000 ha cinq ans

Le directeur général de la GEM a précisé que la plantation de jatropha s’effectue dans les terrains arides loin des villages afin d’éviter sa concurrence avec les cultures vivrières. Cette activité contribue également à la restauration des forêts. L’objectif de la société vise à cultiver du jatropha sur 200 000ha en l’espace de cinq ans en vue de fabriquer du biodiesel. La culture à grande échelle de jatropha a déjà eu des impacts palpables au niveau de la population locale par l’amélioration de son revenu. Les retombées économiques positives seront plus perçues au moment de la récolte, prévue d’ici 4 à 5 ans, a-t-on évoqué. Par ailleurs, un changement de la mentalité des communautés des pêcheurs a été observé après la réhabilitation de la digue de protection des villages à Ankiembe contre la montée de la mer. L’assainissement du quartier par la création des latrines respectant les normes a permis d’améliorer la santé des ménages des pêcheurs, d’après leurs dires.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7613 du 25 août 2008