Pollution. Les sacs en plastique nous survivront. Leur durée de dégradation moyenne, entre 100 et 400 ans, dépasse largement la durée de vie de l’homme. 

Accrochés aux branches des arbres, bouchant les canaux d’évacuation d’eaux usées, éparpillés sur les places publiques et dans les rues,… les sachets en plastique envahissent et étouffent ces dernières années, la capitale. Apparemment, cette pollution, surtout visuelle, ne semble pas déranger pour autant les habitants de la ville. Au contraire, totalement ignorants et inconscients des éventuels dangers que peuvent représenter ces sacs en plastique, ils en réclament et en abusent même au cours de leurs emplettes et dans leur vie quotidienne.

Quatre par jour

C’est très courant, en effet, de voir des gens acheter du café ou du thé auprès des gargotes de quartier, de l’huile en vrac chez les détaillants et demander aux commerçants d’« emballer » ces marchandises liquides dans du sachet. Ces sacs en plastique, offerts gracieusement, sont même devenus un avantage commercial à faire valoir auprès des consommateurs. Presque tous les achats s’accompagnent maintenant de ces fameux contenants en plastique. «En une journée, j’accumule au moins quatre petits sacs sans m’en rendre compte. J’en obtiens un lors de l’achat des mofogasy pour le petit déjeuner, un autre avec le café ou le sucre, un autre pour le riz, et un autre pour les légumes ou la viande… », avoue une mère de famille.

Non biodégradables

Sous d’autres cieux, plus précisément dans les pays développés, l’utilisation de ces sacs en plastique est maintenant réglementée. Mais à chaque pays sa révolution, la Grande Ile est aujourd’hui dans sa phase de grande consommation de ces sachets. En fait, en marge de la pollution visuelle, ces sacs en plastique sont aussi nocifs à l’environnement. Leur durée de dégradation moyenne est estimée entre 100 et 400  ans, suivant le type de plastique et leur destination. De plus, pour l’instant, leur recyclage ne se fait que sur initiatives privées, encore très limitées. La grande majorité des ces sachets plastiques, qui ne sont pas du tout biodégradables, sont ainsi jetés dans les décharges et dans la nature sans triage, ni recyclage, ni destruction par incinération. Ils sont, par la suite, éparpillés à tous vents, et envahissent et étouffent la ville.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7609 du 20 Août 2008