La poésie s’en sort bien grâce au slam. En tout cas auprès des jeunes, et même des collégiens. La deuxième édition du Concours de slam national qui débute ce 25 août sera l’ocasion de constater la bonne santé du slam chez nous.
La deuxième édition du Concours de slam national se déroulera du 25 au 30 août. Organisée par l’association Madagaslam, elle verra s’affronter à l’Alliance française et au Centre culturel Albert Camus, 12 équipes de quatre slameurs, issus de dix villes de la Grande île.
Le slam n’est pas une religion. Il n’a ni gourous ni fidèles, juste des accros de poésie contemporaine. Madagaslam vise précisément à promouvoir des spectacles vivants et des ateliers socio-éducatifs consacrés à cette forme très moderne d’art oratoire.
Présidé par Mômô Ali Ivesse, l’association regroupe déjà plusieurs centaines d’aficionados. Des rappeurs venus de la rue aux adeptes du Kabary, chacun peut y trouver son bonheur. Mais le slam va au-delà du simple récital classique. Comme les acteurs de théâtre, les slameurs lisent leurs textes à haute voix, face au public. Un curieux happening où la performance et la séduction ne sont jamais très loin de la poésie la plus immédiate. Des mots à fleur de peau, en quelque sorte.
« Le slam est un véritable vivier de création, estime Mômô Ali Ivesse. La mission de Madagaslam est de structurer le potentiel artistique du pays pour que les artistes locaux soient reconnus ». Par ses activités et grâce à son réseau de partenaires, l’association multiplie les événements et enregistre la bonne santé du slam chez nous. La première édition du Concours national avait déjà rassemblé des centaines de concurrents. Même les collégiens s’y mettent avec les concours interscolaires. Ce n’est donc pas un hasard si Tsiky, une jeune slameuse de 15 ans, est arrivée à la troisième place du championnat du monde de slam en 2007.
Ce nouveau millésime devrait lui aussi nous réserver son lot de surprises.

Le slam a 25 ans
Le Slam est né en 1984 lorsque Marc Smith, ouvrier en bâtiment et poète, organise des séances de lecture d’un nouveau genre dans un célèbre club de jazz de Chicago, le Green Mill, que fréquentait déjà Al Capone en son temps. Smith veut donner un nouveau souffle à la poésie en faisant participer davantage le public à la lecture publique. Dès 1986, il a l’idée d’organiser des compétitions de poésie hebdomadaires, les dimanches soirs. C’est ainsi que naît le Uptown Poetry Slam avec le Green Mill comme base avancée pour les poètes performeurs.
Le mot slam désigne en argot américain « la claque », terme emprunté à l’expression to slam a door qui signifie littéralement « claquer une porte ». Dans le cadre de la poésie orale et publique, il s’agit en effet d’attraper l’auditeur par le col et de le « claquer » avec les mots, les images, pour l’émouvoir. Mélange de performance orale et d’expression corporelle, il ne s’adresse pas à une élite culturelle particulière, mais à tous les publics. Seule condition pour participer : s’inscrire auprès du présentateur. Les performances sont strictement a cappella, avec absence de décorations sonores, lumineuses ou vestimentaires. Le temps de parole est de trois minutes maximum par performance. Et ce qui ne gâte rien : pour un texte dit, un verre est offert (mais non accumulable).

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4083 du 18-08-2008