Angonoka (Astrochelys), Kapidolo (Pyxis planicanda), Sokake (Astrochelys radiata), Sokapila (Pyxis arachnoides). On ne le dira jamais assez. Ces variétés de tortue sont désormais les plus menacées, au stade le plus critique, de l’avis de plus d’uns chercheurs qui ont eu à étudier la disparition progressive, donc alarmante, des tortues endémiques de Madagascar. Les tortues de Madagascar alimentent les commentaires et réflexions en tous genres.

Synergies

Les organismes enviromnementaux ont pris sur eux de lancer, en début d’année, à Antananarivo, un vibrant rappel à l’ordre, à travers la tenue d’un Colloque International mais en vue, selon toute vraisemblance, de dénoncer un trafic qui écume depuis nombre d’années les contrées reculées du Sud. En droite ligne, la promotion de l’écotourisme s’entend d’ores et déjà être un palliatif pour lutter contre le fléau, le but étant d’arriver à une synergie des actions à la base.

Le Village de Tortues de Mangily entend donner cet exemple. Le projet a été monté voici près 6 années sous l’impulsion de deux associations, à savoir, la SOPTOM (France) et l’ASE (Madagascar). Ce parc naturel de 25 ha s’emploie à la mise en quarantaine des tortues remises selon diverses provenances. Elles seront remises par la suite en liberté dans le site d’origine après un processus de réhabilitation. Le Village de Tortues de Mangily compte de nos jours 1200 têtes qui suivent des soins appropriés. Des éco-volontaires, scientifiques, ou observateurs de tout bord, touristes ou voire les élèves des EPP, viennent au Village de Mangily qui est devenu un centre d’interprétation …de tortues.

Billet vert

Des programmes de repeuplement sont élaborés. Ainsi, 40 tortues sont fin prêtes pour un relâchement (remise à la nature), selon Kala Jean, responsable animalier. Celui-ci n’écarte pas la perspective de l’utilisation d’une radio télémétrie (pour suivre de près le déplacement, le cas échéant) car, par le passé, I’expérience s’est soldé par une pure perte. Les tortues ont toutes disparues. Les analystes imputent le fait au choix du site, le Bezaha Mahafaly, reputé pour sa consommation, mais surtout pour sa forêt galerie, propice vraisemblablement à l’inondation.

Le Dr Daniel Ramampiherika, administrateur du parc de Mangily, parle aujourd’hui d’une situation de relance. Le chercheur fait état d’un projet avec l’ANGAP. Trois associations se sont déjà manifestées pour intégrer le mouvement, à travers le projet PK 32 Ranobe. En tout cas, Ramampehirika est confiant surtout pour l’enjeu écotouristique naissant. La situation évolue au point de mobiliser tout le monde, même les villageois. Par exemple, Mangily commence à faire, avec l’afflux de nombreux visiteurs et touristes, autant d’opportunités, semble-t-il pour la circulation des biens et des personnes, dans le jargon touristique du billet vert.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 14 août 2008