FINANCE RURALE. C’est un levier servant à booster la production pour faire face à la crise alimentaire.   

Augmenter le taux de pénétration dans le secteur de la microfinance à 13% d’ici 2012 est un défi parce qu’actuellement, il s’élève seulement à 9,25%. Mais pour pouvoir atteindre le grand public, les institutions de financement dans le domaine rural doivent développer des produits qui répondent aux besoins de leurs clients. Il s’agit entre autres de la mise en place d’une micro-assurance afin de réduire les risques liés aux prêts agricoles. En effet, les exploitations agricoles sont souvent exposées à un grand nombre de risques tels les aléas climatiques et la fluctuation des prix du marché.

Stratégies à développer

C’est pourquoi, certaines institutions hésitent de financer le secteur agricole, a expliqué Mamy Andriantsoa, le DG de l’Agriculture, lors de l’ouverture de l’atelier régional sur la finance rurale pour l’Afrique de l’Est et Austral, qui se tient depuis hier à l’hôtel Carlton. Cet atelier qui durera 3 jours est co-organisé par le ministère de l’Agriculture, la Coordination de la micro-finance, le FIDA, l’Alliance Internationale Coopérative et le Centre Coopératif Suédois & Vi Agroforesterie. Les stratégies permettant d’atténuer ces risques par la mise en place de la micro-assurance et celles pour améliorer l’offre de services financiers y seront développées via des échanges d’expérience entre 160  participants issus de 20 pays de la sous-région. Le thème porte sur « Le rôle des organismes d’appui dans le développement des produits répondants aux besoins de l’extension des institutions de finances rurales ». L’étude réalisée dans 4 pays, Tanzanie, Mozambique, Zambie et Kenya servira de points de départ aux discussions.

Cotisation et subvention

L’an dernier, l’encours de crédit enregistré auprès des structures de micro-crédit non-mutualistes était de Ar 25 milliards pour 50 000  clients. Par contre, les institutions financières mutualistes comptant 321 000 clients enregistrent un encours de dépôt de Ar 40 milliards et un encours de crédit de Ar 60 milliards. Le taux de remboursement moyen s’élève à 90%. Ce qui amène quand même un grand risque pour les opérateurs financiers, a soulevé Blaise Rajaobelina, Coordonnateur national de la microfinance. La mise en place d’une micro-assurance via la contribution des bénéficiaires, sous forme de cotisation périodique, voire même à partir de la subvention de l’Etat est ainsi de mise pour développer le secteur de microfinance. La modalité de fonctionnement dépend des priorités de chaque pays, a précisé Haingo Rakotondratsima, Représentant du FIDA à Madagascar, en évoquant les décès du père de famille, les vols et l’incendie comme principaux risques à part les aléas climatiques. A titre d’exemple, le SIDA et le problème lié au commerce constituent des facteurs de risques non négligeables pour d’autres pays africains mais pas à Madagascar, a-t-il conclu.

Extrait  Midi Madagasikara – Parution N° : 7604 du 13 Août 2008