La nouvelle famille de lémuriens dénommés hapalémurs (Prolemur simus), découverte en 2007 est menacée. Ces primates revêtent le nom malgache de « godrogodroka », car ils sont originaires des terres Betsimisaraka. Se réfugiant dans la réserve forestière de Torotorofotsy à Andasibe, ces grands hapalémurs risquent d’être à court de nourriture.
« Une forte population de bambous géants qui constituent 95% de l’alimentation de ces lémuriens est menacée par les travaux locaux d’extraction minière. Un projet d’implantation de pipeline menace la fôret de bambous », déclare Rainer Dolch, coordinateur de l’association Mitsinjo qui assure la gestion de la réserve de Torotorofotsy.
Les responsables de l’association Mitsinjo ont recensé une vingtaine d’individus au moment de la découverte de ces lémuriens. Mais Rainer Dolch estime qu’une quarantaine de représentants de l’espèce se promènent encore dans la forêt. A l’échelle mondiale, ce chiffre représente 30% de la population existante, estimée à 140 individus selon le dernier rapport de la revue exhaustive d’Edimbourg.
Ce rapport publié le 5 août à l’occasion du 22e Congrès de la Société internationale de Primatologie, établit que 40 espèces de primates sur les 53 connues ont été découvertes à Madagascar. Les hapalémurs sont classés troisièmes dans le top 20 des primates en voie d’extinction sur le plan mondial.
Les facteurs de risque pour les primates à Madagascar s’alignent à ceux dans le monde. « Les principales menaces sont la destruction de l’habitat par les incendies et le défrichement des forêts tropicales, qui sont également la cause d’au moins 20% des émissions de gaz à effet de serre à l’origine des changements climatiques », met en garde le rapport d’Edimbourg.
La planète compte en effet 634 espèces de primates et près de 50 d’entre elles sont en danger d’extinction, selon les critères de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4077 du 09-08-2008