Thierry Letellier, Directeur d’unité de l’Institut national pour la santé médicale, donne un éclaircissement sur le projet de recherche sur l’origine génétique des Malgaches.

Dites-nous l’utilité d’une recherche génétique.
– La génétique est utilisée pour l’étude du peuplement. On se sert des données génétiques pour déterminer l’origine des peuples. Grâce aux données génétiques, le peuplement du monde peut être connu. Pour le moment, ces données sont parcellaires.

Pourquoi Madagascar a-t-il été choisi pour cette étude ?
– On s’est intéressé à Madagascar car ce pays demeure une terre non étudiée jusqu’à maintenant. Peu de données archéologiques sur Madagascar sont disponibles, d’où son importance, alors que Madagascar figure parmi les dernières terres colonisées. Ce qu’on sait sur Madagascar, c’est que c’est une terre peuplée par plusieurs vagues d’immigrants de l’Asie, du Proche-Orient et de l’Afrique. Ce fait existe sans réellement prouver quand cela s’est produit et quels sont les premières populations de Madagascar.

Comment comptez-vous entreprendre cette recherche ambitieuse ?
– On va utiliser le prélèvement d’ADN. L’ADN est le plus grand livre d’histoire qui ait jamais été créé. C’est la base de l’hérédité. Pour Madagascar, on va prélever l’ADN de
3 000 individus de 150 villages sélectionnés suivant une démarche stricte. Pour cela, nous avons fait appel à l’Institut de civilisation qui identifie les habitants ayant vécu dans des villages pendant plus de trois générations.

Pouvez-vous en dire plus sur la démarche ?
– Le prélèvement se fera par la salive. C’est un geste plus sûr et moins traumatisant pour l’individu concerné. On va faire une démarche éthique pour expliquer aux habitants des villages qu’on ne va pas voler leur ADN. Cette démarche a eu l’aval des autorités malgaches, dont le ministère de la Santé et celui de la Culture. L’étude est anonyme et se fera par région.

Quand le projet verra-t-il le jour ?
– Pour le moment, nous avons fait un prétest avec la région de l’Itasy en prélevant 100 échantillons. Les résultats seront connus d’ici fin 2008. Le démarrage de l’étude générale est prévu en mars 2009 et le résultat sera publié vers la fin 2009.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4074 du 06-08-2008