Les ménages de condition modeste ont de plus en plus de difficulté à trouver du charbon de bois. Le coût de ce combustible ne cesse de grimper.
La journée est devenue morose pour Rakoto Firinga, un marchand de charbon de bois de longue date. Le matin, ses clients ne viennent que petit à petit, loin de la bousculade habituelle, pour acheter une maigre quantité de charbon. La raison en est simple : le prix du charbon a connu une hausse dans la capitale, hausse généralisée chez les grossistes et les détaillants.
«Le sac de 50 kilos se vend à 18 000 ariary, un prix jamais affiché auparavant», note Rakoto Firinga, demi-grossiste en charbon, bien connu à Miandrarivo. «C’est rare de voir un client acheter un sac entier de nos jours. Alors que vendre en détail ne nous rapporte pas beaucoup. Pour y remédier, plus question de céder à la demande des clients d’acheter du charbon avec 100 ariary», souligne-t-il.
Ressource indispensable
Les consommateurs de la capitale ont eu la mauvaise surprise de s’approvisionner difficilement en cette ressource indispensable. «Le charbon de bois est devenu un luxe. Outre le prix qui s’envole, sa vente se fait de plus en plus rare», se plaint Jeannine Rakotomavo, une gargotière d’Andrefan’Ambohijanahary, qui consomme un demi-sac de charbon chaque jour.
Si sa consommation lui revenait à Ar 5 000 auparavant, le tarif a presque doublé pour elle. «Qui aurait cru que le charbon de bois reviendrait si cher ?», se lamente-t-elle. Cette hausse est spécifique pour la capitale car à Moramanga, lieu d’approvisionnement en cette source d’énergie, le prix est resté le même.
«Le sac s’achète à Ar 9 000», avance Elisette Jeannine, une autre grossiste en charbon de bois. Pour elle, c’est le retard du permis de transport qui est à l’origine de cette pénurie dans la capitale.
Mais les responsables ministériels démentent ses propos. «Nous avons fait l’effort d’accélérer les procédures concernant la délivrance d’autorisation de transport. Les demandeurs peuvent l’obtenir en une journée», explique Vololona Andriamampianina, responsable au sein du ministère de l’Environnement. Selon elle, la hausse serait due à la hausse du prix des carburants.
Une hypothèse non soutenue par les grossistes en charbon de bois. Selon eux, la note d’interdiction de coupe des pins a eu une répercussion sur leur commerce.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4073 du 05-08-2008