Une discussion autour d’un café sur la terrasse d’un grand hôtel de Tana. C’est ainsi que naissait l’idée de créer l’Express de Madagascar. «Herizo était en train de lire les journaux de l’époque. Il les trouvait si mal fait et en avait conclu que pour lire un bon journal il fallait avoir son propre journal» se souvient un de ses proches collaborateurs. Herizo passait ensuite de l’intention à l’acte. Le premier numéro de l’Express de Madagascar était sorti le 22 février 1995, le lendemain de son 40è anniversaire.

Herizo faisait fonction de rédacteur en chef au début avant l’arrivée de Christian Chadefaux. Il s’était bien garder d’interférer dans la ligne éditoriale du journal.
L’ objectif de Herizo était de faire de l’Express un journal de référence en matière économique. Il s’y investit en écrivant des articles pédagogiques en macro-économie. Mais son pari intime était de faire de son journal une référence sur tous les plans.
C’est ainsi qu’il avait investi dans l’achat d’une rotative en 1998 pour remplacer la machine offset sur laquelle le journal était imprimée auparavant.
L’Express a été ainsi le premier quotidien imprimé en quadrichromie et en 30 pages et plus.Une révolution dans l’univers des medias malgaches.
La route que Herizo avait tracée a été poursuivie par Edgard Razafindravahy, repreneur de l’Express de Madagascar en 2002.

Vous avez entre les mains le premier numéro de «L’Express de Madagascar», votre nouveau journal quotidien: douze pages, cinq cents francs. A vous de juger si les ambitions qu’il affiche rejoignent votre attente.
D’abord sur le plan technique, nous voulons, par respect du lecteur, par respect pour notre pays, un journal bien fait, bien écrit dans les deux langues, malgache et française, avec une impression soignée, une mise en page claire et agréable, des reproductions photographiques nombreuses et de qualité. D’importants moyens informatiques (PAO) et des outils spécifiques assurant un traitement technologique de pointe (scanner, flasheuse, laboratoire, etc.) sont mis en œuvre à cette fin. Cette exigence de présentation sera, pour vous et pour nous, le signal d’un refus: celui de céder à la facilité, la fatalité fait-on souvent croire à Madagascar, du bricolage et de l’à-peu-près. Votre journal sera beau et agréable à la lecture! Voilà pour la forme.
Quant au fond, annonçons d’emblée qu’il ne s’agit pas d’un journal politique, c’est-à-dire, d’organe d’un parti ou de quelque groupe d’intérêt ou de pression que ce soit. Notre parti est celui de nos lecteurs, notre intérêt, celui de tous nos concitoyens. S’il nous arrive d’être critiques, notre intention n’est pas d’attirer des polémiques partisanes, mais, partir d’analyses documentées et pertinentes, d’indiquer à chaque fois les solutions que nous jugeons efficaces, les mesures justes, les décisions appropriées. En bref, notre critique sera constructive et, même si elle devait parfois égratigner ou froisser certaines susceptibilités, nous sommes persuadés que «les gens sont assez sages pour préférer la critique qui leur est utile à la louange qui les trahit» (F. de la Rochefoucault).
Vous trouverez dans « L’Express de Madagascar » les rubriques habituelles d’un grand quotidien moderne, avec une tonalité constante, un accent particulier qui traduira notre volonté de progresser.
Dans le traitement de l’actualité nationale, l’information, l’analyse, I’opinion seront présentes comme telles, avec le maximum d’objectivité. La vie des différentes régions de l’lle ne sera pas délaissée, au contraire, nos reportages s’efforceront de développer chez le lecteur une meilleure connaissance de son propre pays, le sentiment vrai d’appartenir à une communaut de culture et de destin.
Une place importante sera attribuée à la vie économique, aux entreprises et leur environnement, aux marchés, et aux enjeux fondamentaux pour notre avenir.
– L’ouverture sur le monde, sur les autres peuples, leurs cultures, leurs systèmes économiques, sur la réalité des relations internationales, visera à balancer notre tendance naturelle : l’introversion et ce caractère insulaire qui nous conduit souvent à l’erreur.
– Enfin, «ce qui se conçoit bien, s’annonce clairement»: nous nous appliquerons à exposer dans un langage simple les aspects techniques des différentes questions, trop souvent laissées aux soins de «spécialistes» au jargon impénétrable.
Voilà de belles déclarations qui ne coûtent rien, diront les sceptiques!
Peut-être, mais «I’Express de Madagascar», en souhaitant devenir pour vous un compagnon toujours fidèle au rendez-vous, s’évertuera, grâce à votre soutien, prouver que les Malgaches sont capables de réaliser leurs ambitions.
Chers lecteurs, merci d’avance et à demain!

Herizo Razafimahaleo