« Megaptera » annonce l’arrivée des baleines à Sainte Marie. Il s’agit d’une association spécialisée dans l’observation et la protection des baleines. « Malgré une météo peu clémente, plusieurs mère-baleineau et mère-baleineau escorte ont été observées cette semaine, espérons tout de même que la mer se calme pour multiplier les sorties scientifiques et agrandir le catalogue de caudales de 2008 », note l’association. Les touristes vont probablement suivre la trace des baleines.

Côté scientifique, des études sont menées actuellement pour savoir comment des « animaux microscopiques » peuvent-ils aider la science à mieux connaître les baleines à bosse ? Les chercheurs ont longtemps pensé que les baleines à bosse se divisaient en deux groupes homogènes, celles de l’hémisphère nord et leurs cousines de l’hémisphère sud. Aujourd’hui, on suppose qu’il existe des populations distinctes ayant les mêmes zones de nutrition (zones polaires) mais des zones de reproduction spécifiques telles que Sainte Marie et la Nouvelle-Calédonie.

Elément décisif

Si l’hypothèse se confirme, l’espèce court un véritable danger puisque si des individus d’une même micropopulation sont tués, celle-ci sera amenée à disparaître. Dès lors, il est urgent de prouver l’existence de ces micropopulations. C’est pourquoi la découverte de Laurent Soulier, parasitologue français, pourrait aider à sauver les dernières baleines à bosse. L’étude de ce scientifique s’appuie sur la génétique d’un parasite : Cyamidés boopis, un petit crustacé d’un demi-centimètre qui se fixe sur la peau des baleines. Ces parasites s’échangent entre baleines lors des contacts ayant lieu pendant la reproduction. Ainsi des parasites génétiquement différents montrent l’absence de contact entre micropopulations de baleines. Cet argument pourrait bien s’avérer être un élément décisif pour l’amélioration de la protection des baleines à bosse.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 31 juillet 2008