Crise alimentaire. Si les actions prises s’avèrent efficaces, le risque peut devenir une opportunité de développement.

 Madagascar n’est pas encore concerné par la crise alimentaire mondiale. A un certain moment, certains responsables du pays avaient laissé entendre que le pays n’est pas encore parmi les mal lotis qui risquent tout simplement l’explosion qui naîtrait de la hausse des prix des denrées alimentaires. Ce qui n’est évidemment pas de l’avis de la communauté des bailleurs de fonds, comme cela a été rappelé hier de la première édition du Development dialogue qui a eu lieu hier au bureau de la Banque Mondiale à Anosy.

Menacé

En effet, Madagascar figure dans la liste des  bénéficiaires des 200 millions de dollars octroyés par la Banque Mondiale en faveur des « pays les plus durement touchés par la crise alimentaire mondiale ». A ce titre d’ailleurs, un don de 10 millions de dollars est actuellement en préparation dans le cadre justement du Food Price Crisis Response Trust Fund et qui permettra au pays, d’alléger les effets immédiats de la crise alimentaire mondiale. Dans ce groupe, Madagascar rejoint, entre autres, le Haïti qui obtient 10 millions USD, le Liberia (10 millions USD), le Djibouti (5 millions USD) ainsi que d’autres pays. En somme, Madagascar est menacé. Compte tenu cependant des énormes potentialités dont dispose le pays, cette menace peut être transformée en opportunité de développement.

Risque et opportunité

Avec comme thème « Madagascar face à la perspective d’une crise alimentaire mondiale », la conférence d’hier qui a vu l’intervention de différentes personnalités du monde économiques tournait essentiellement sur les manières avec lesquelles, Madagascar pourra faire face à la crise alimentaire. D’un côté, ce phénomène constitue un risque réel pour la Grande Ile qui traîne depuis plus de 25 ans un déficit de production et qui subit les changements des cours mondiaux du riz.  Mais de l’autre, Madagascar qui dispose d’une énorme potentialité agricole peut transformer la crise alimentaire en opportunité pour booster sa production et parvenir à une autosuffisance et même exporter une partie de sa production. Le défi est à portée de main puisque non seulement, le déficit étant très faible, il suffit d’augmenter de 10% le rendement pour devenir exportateur, mais avec un million d’ha sous irrigation pour le riz, il y a de quoi satisfaire une demande de plus en plus importante sur le marché. Sans compter le fait que Madagascar a le « Yeld gap », c’est-à-dire que le rendement paysan rapporté au rendement minimum achevable sous conditions expérimentales, le plus élevé des pays producteurs de riz.

Bref, il y a possibilité de tirer profit de la crise alimentaire pour Madagascar. Comme l’a expliqué le ministre de l’Agriculture Armand Panja Ramanoelina, des actions ont été prises non seulement pour amortir les effets de la crise mais également pour augmenter la production agricole. La Banque Mondiale, pour sa part, affiche un net engagement d’appuyer Madagascar dans ses efforts. Nous en reparlerons dans une de nos éditions.

Parution N° : 7591 du 29 juillet 2008