Dans les dix à vingt ans à venir, l’utilisation du bois et du charbon de bois comme principales combustibles domestiques ne va pas régresser. Au contraire, il faut s’attendre à une augmentation compte tenu de la hausse de la population et de la baisse du pouvoir d’achat.

Cette filière qui concerne plus de 90% des ménages malgachesne brasse pas moins de 500 milliards d’Ariary de chiffres d’affaires par an.

Le bois reste, de très loin, l’énergie la plus compétitive pour les ménages ruraux car il coûte 80 fois moins cher que le gaz. De même, le charbon de bois est deux fois plus cher que le bois. L’utilisation du gaz et de l’électricité comme source d’énergie reste encore très dérisoire et seulement dans les grands centres urbains. La disponibilité, l’habitude mais surtout le coût expliquent la dominance de ces combustibles au sein des foyers malgaches.

D’autant que la demande, aussi bien urbaine que rurale dans ce domaine, est incompressible. A noter que plus de 80% de la consommation totale en énergie de Madagascar est d’origine ligneuse. Le bois de chauffe représente la seule énergie accessible pour les campagnes tandis que le charbon de bois reste la principale source d’énergie des foyers urbains.

On estime la consommation moyenne d’un ménage malgache à 2 sacs de charbons par mois, soit entre 60 et 70 kg de charbon par mois. Or, la demande ne cesse de se multiplier, en l’espace de 30 ans le besoin a triplé et cela va encore progresser dans les années à venir.

Le ministère de l’énergie, réaliste, note qu’une utilisation massive d’autres sources d’énergie est encore un travail de longue haleine. Pour le moment, il vaut mieux sensibiliser les ménages à utiliser les « fatapera mitsitsy » ainsi que les meules améliorées pour les charbonniers.

Extrait Madagascar Tribune – mardi 22 juillet 2008