Inconnu du grand public, Andrianaina Rajaonimanana est pourtant un artiste dont les œuvres sont en train de transformer le paysage urbain de la capitale. Le sculpteur marque son empreinte un peu partout.
Antananarivo façonne son visage de la première décennie du 21ème siècle. Un changement significatif marque l’aspect général de la capitale qui s’embellit avec ses jardins, ses nouveaux immeubles, ses rues et espaces réhabilités. La cité se modernise.
Petit à petit, des œuvres artistiques s’installent dans les places publiques, au grand émerveillement de la population. C’est comme un bel hommage à l’art et aux créateurs servant pour le bien collectif, dans le souci de détourner un peu l’esprit et le regard, face au stress, aux pollutions et ordures citadines.
Parmi les innovations les plus notables depuis 2002, citons la présence des œuvres sculpturales dans des lieux très fréquentés : à Andohan’Analakely avec le portrait-buste du lieutenant Randriamaromanana, à l’entrée de la caserne de la 1ère région militaire, et la grande stèle dédiée à la lutte contre le sida. Ou encore la petite famille au Palais de Justice d’Anosy, la femme au panier au Marais Masay, etc.
Derrière toutes ces œuvres à caractère monumental se cache un créateur assez  discret par rapport au grand public, mais qui possède une large vision. Il s’appelle  Andrianaina Rajaonimanana. «L’art n’est rien sans le public», affirme-t-il en souriant, tout en ne se départissant pas d’un air calme et posé.
Pour cet artiste de 47 ans, adepte du semi-figuratif, son art a une mission précise : servir le peuple et l’histoire. «A chaque événement lié à un grand personnage tel un decès, je dédie une oeuvre pour lui rendre hommage et aussi pour me servir de documentation personnelle. La plupart du temps, je le fais sans commande», note l’artiste.
Ornement
A l’heure actuelle, Rajaonimanana s’attelle à la décoration du tunnel Ralaimongo d’Ambohidahy, fruit d’une concertation entre le maire Andry Rajoelina et lui. «Notre objectif consiste à assainir l’image de la capitale. En voyant ces œuvres d’ornement, les gens auront plus de respect envers l’environnement», soutiennent-ils.
Ce projet ambitieux promet d’être long avant d’aboutir. En tout cas, l’artiste est prêt à poursuivre l’expédition. Et de servir d’exemple.
«Les Malgaches disposent d’une culture originale et noble. Mais influencés par les courants étrangers, certains artistes d’aujourd’hui rejettent nos valeurs. En tant que tel, je veux servir pour cette identité», précise Rajaonimanana.