Des chiffres effrayants. 10 % de la population, soit 1 800 000 Malagasy seulement, ont accès aux soins dentaires. La raison avancée est que la couverture sanitaire en la matière est insuffisante. Une autre statistique a révélé aussi que 98 % des adultes âgés de 35 à 44 ans ont en moyenne 13 dents cariées ou absentes et 85 % des enfants de 6 ans présentent déjà 3 dents abîmées ou absentes.

Au regard de tous ces chiffres, force est de penser que beaucoup restent encore à faire en matière de santé bucco-dentaire. Le ministère de la Santé et du Planning familial (MSPF) l’a déjà inscrit dans ses priorités en adoptant une politique relative à ce sujet.

Celle-ci voit sa concrétisation car en l’espace d’un an et demi, 115 cabinets dentaires, dont 46 nouvellement créés et 69 réhabilités, ont été mis en place. Tous les 111 Services de santé de district (SSD) répartis à travers l’Ile disposent maintenant au moins d’un cabinet dentaire.

Mieux vaut prévenir que guérir. Les caries dentaires ou toute autre maladie dentaire pourrait être évitée. C’est dans cette perspective que le gouvernement Malagasy, en octobre 2005, a pris une décision selon laquelle le sel iodé commercialisé sur le marché doit être additionné de fluor. Selon l’explication fournie par des responsables, le fluor protège les dents contre les caries car il durcit l’émail dentaire. Or, un petit nombre de Malgaches en consomment. A Madagascar, à l’exception de la région d’Ampanihy, l’eau potable est faiblement fluorée.

La prévention des dents contre toutes les maladies n’est pas uniquement l’affaire de l’Etat. Les privés sont aussi encouragés à s’y engager. Toutefois, qu’ils fassent le métier dans les normes. A Antananarivo, dans des quartiers difficilement accessibles même à pied, on voit des plaques indiquant des cabinets dentaires ou des médecins. A force de suivre le chemin qui y mène, on découvre une maison d’habitation dont une partie est transformée en « cabinet ». A l’intérieur, une chaise en bois pour s’asseoir, une étagère et des couffins où l’on range les matériels et les médicaments. La propreté et l’hygiène des outillages laissent à désirer. A cela s’ajoute le manque de qualification de ceux qui tiennent le cabinet. Certains d’entre eux prétendent être chirurgiens-dentistes alors qu’ils ne le sont même pas. L’Ordre national des odonto-stomatologues (ONOS) a déjà révélé ce cas et a alerté les autorités ministérielles.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 17 juillet 2008