L’insuffisance de l’eau est permanente dans le sud de Madagascar. En attendant la réalisation de projets en cours, la sécheresse reste une triste réalité.
Le sud de Madagascar continue de lutter contre la sécheresse au quotidien. Si les vivres y affluent, l’eau se fait de plus en plus rare. «Vivre dans le Sud est une expérience à part. L’eau n’y est pas abondante comme dans les autres régions de l’Ile», souligne Fabienne Ravelo, une mère de famille habitant dans une commune rurale de Toliara.
L’eau demeure un luxe pour son village. «Nous ne disposons pas de bornes fontaines, et les puits sont presque inexistants. Nous sommes obligés de marcher plusieurs kilomètres à pied pour trouver un point d’eau», souligne-t-elle.
La rareté de cette ressource freine le développement de cette partie de la Grande île. Tous les jours, les habitants doivent trouver d’autres moyens pour compenser la pénurie d’eau.
Andranovory, une commune rurale se trouvant à 20 kilomètres à l’entrée de la ville de Toliara, arbore un autre style de vie depuis que la population utilise l’eau des marigots.
«L’eau coûte cher dans notre village. Le jerrican de 10 litres d’eau coûte jusqu’à Ar 2000. Nous devons déployer des moyens de locomotion pour trouver de l’eau qui n’est même pas potable», souligne Tody, un jeune garçon natif de la commune rurale d’Andranovory, habitué à utiliser de l’eau sale.
Denrée rare
Les habitants de cette commune rurale puisent dans les flaques d’eau de pluie ou les étangs qui se trouvent non loin de la commune.
Le Dr Jocelyne Somarline, chef du Centre de santé de base de niveau 2 (CSBII) d’Andranovory, mentionne la situation inquiétante dans laquelle elle travaille.
«Le centre ne dispose pas de borne fontaine. Or c’est la condition sine qua non pour effectuer un accouchement dans les normes», constate ce médecin.
«En venant au CSBII pour accoucher, une femme doit apporter de l’eau. Sa famille se charge de l’approvisionnement de cette denrée rare pour chaque jour qu’elle passe ici», ajoute-t-elle.
L’éducation est aussi perturbée par l’insuffisance en eau potable. La plupart des élèves sont obligés d’écourter les heures de classe, à cause de la chaleur étouffante.
«Les enfants ont soif pendant les heures de cours. Se munir d’une gourde remplie d’eau demeure un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. C’est pourquoi nous avons dû opérer ce changement d’emploi du temps», souligne un enseignant.
Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4045 du 03-07-2008