La capitale de l’Est abrite le plus grand projet minier lancé à Madagascar, avec un volume d’investissement de 3,3 milliards de dollars. La construction des différentes installations a atteint sa vitesse de croisière.

Toamasina se transforme en un vaste chantier. Dès l’entrée de la ville, le volume important du trafic est saisissant.
Des dizaines de voitures 4×4, les phares allumés et avec à bord des passagers en vestes de sécurité de couleurs vive et parfois le casque sur la tête, envahissent les rues. Les gros camions, de gabarit monstrueux et transportant du matériel lourd, impressionnent véritablement.
Ces véhicules travaillent pour la centaine d’entreprises qui assurent la construction de l’usine de lixiviation, dans le cadre du projet d’exploitation du gisement de nickel d’Ambatovy, situé à plus de 220 kilomètres de Toamasina.
Le chantier atteint aujourd’hui sa vitesse de croisière, et enregistre une activité presque 24 heures sur 24. Selon les dernières statistiques datant du mois d’avril, plus de 25% des travaux sont effectués.
La nuit, les éclairages ultrapuissants sur le site de construction de l’usine, située à l’entrée de la ville de Toamasina sur la RN 2, contrastent avec le reste du paysage lequel baigne dans un noir profond. Le tout donne un tableau à la limite du réel.
Le projet dispose de son propre génerateur dont la puissance dépasse les 11 Mégawatts.
Même une unité de traitement et de retraitement d’eau ultramoderne sera bientôt fonctionnelle. Elle sera alors capable d’assurer la totalité des besoins de 3 000 ouvriers qui feront tourner en permanence l’usine à partir de février 2010. La coordination des activités et l’organisation logistique restent le défi majeur des promoteurs du projet.
Actuellement, près de 8 000 ouvriers sont enregistrés dont environ 600 expatriés. La grande majorité de ces personnes travaillent pour les dizaines de grandes entreprises chargées de construire les différentes infrastructures. Mais cet effectif de la main-d’oeuvre pourra doubler dans les mois à venir et atteindre le pic de 20 000 personnes. L’arrivée prochaine de 5 000 ouvriers étrangers constitue un des moments importants du projet.

 Règles de sécurité
Le site de l’usine s’étend sur une superficie de 30 hectares. Son plan d’occupation confine à une précision presque chirurgicale.
Le respect des règles de sécurité constitue l’une des contraintes les plus importantes à l’intérieur du site. A l’entrée, les agents de sécurité sont intraitables et exigent le port du casque, de chaussures et de la veste de sécurité, même à l’adresse de leurs patrons.
Le site apparaît comme une ville à l’intérieur de la ville. La vitesse des véhicules y est limitée à 30 km/h et chaque déplacement est soumis à un contrôle strict. L’ordre prime.

Une prouesse technologique
La structure du projet Ambatovy fait appel à une prouesse technologique de haut niveau.
Le minerai, de la terre contenant près de 1% de nickel et 0,10% de cobalt en moyenne, sera extrait à Ambatovy Moramanga, à 220 kilomètres de Toamasina.
Il sera acheminé jusqu’à l’usine de Toamasina par un pipeline long de 220 kilomètres sous forme de pulpe, mélange boueux contenant 40% d’eau.
Cette matière semi-liquide sera pompée et conduite dans un pipeline depuis la rivière Mangoro, située à 28 kilomètres de la mine.
Le système d’extraction à l’usine de Toamasina utilise une technique appelée lixiviation par acide. Grosso modo, la pulpe mélangée avec de l’acide est chauffée à haute temperature dans les autoclaves pour extraire le nickel et le cobalt. Les résidus seront ensuite stockés dans un parc géant spécialement aménagé à cet effet.
Ce parc a une taille capable de contenir les 125 millions de tonnes de terre en provenance de la mine pendant 30 années, la durée prévue du projet. 60 000 tonnes de nickel et 5 600 tonnes de cobalt devront ensuite être exportées à partir du port de Toamasina.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4014 du 26-05-2008