La passion de la mer a fait qu’un cinéaste de profession, marin de naissance a reconstruit une goélette bretonne de 1900.

Sous pavillon malgache, « Le sourire » a été hissé, mardi dernier, à Mayotte à bord du bateau de la marine française les Bougainvillées pour joindre la France. « Le sourire » est un Botry appartenant au cinéaste Bruno Coulon, un vieux loup de la mer qui adore Madagascar. Ce bateau sera exposé dans la rade de Brest, dans le Village Madagascar, lors de la fête maritime internationale du 11 au 17 juillet. Le projet en cours depuis quelques années par Bruno Coulon est en train d’aboutir car en même temps qu’il l’a reconstruit, Coulon a aussi entrepris de faire un film documentaire sur cette chaloupe de Belo. Ce sera un film de 52 minutes dont le début et la fin sera la présence de «Le Sourire » à Brest. Le film retracera l’aventure de Ludovic Joachim, un ingénieur naval breton arrivé sur place lors du règne de Radama II. Des centaines de bateaux sont sortis des chantiers navals de Belo sur Mer et les descendants de Ludovic Joachim sont devenus actuellement des Malgaches de Belo sur Mer.  

17 voyages et 150 000 euros

De par ses propres moyens, Bruno Coulon a repris les plans des dernières goélettes de Noirmoutier en Vendée. En deux ans, il a fait 17 voyages entre Madagascar et la Vendée où il habite pour ce projet de film et de bateau. «Je rêvais de créer un bateau qu’on ne construit plus depuis 1900 », nous a-t-il déclaré. Spécialiste de films documentaires aussi, il est dans l’équipe de Eskwad et les Productions du 24 décembre. Il a déjà produit des films avec Cesaria Evora au Cap Vert ainsi que d’autres réalisations avec Jacques Mathou. Jamais découragé, Bruno Coulon n’a point lâché son projet qui a fini par avoir l’aval de la marine française donc pour l’emmener à Toulon, un des grands ports de France. De Toulon, Le Sourire sera transporté en camion pour Brest. Le bateau servira de fond pour films, en essayant de faire des voyages rentables en mer de France. Quant à Bruno Coulon, celui qui ne veut pas être un touriste partout où qu’il aille, il prendra l’avion pour la France d’ici la fin de la semaine et rejoindra son bateau « Vanille » sur la seine à Paris, sur lequel il vit quand il n’est pas dans son île de Noirmoutier.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7535 du 23 mai 2008