Plus d’une soixantaine d’entreprises à Madagascar exportent des produits biologique certifiés. Plus de 3000 producteurs sont concernés par cette filière en plein essor.

« Entre 60-70 entreprises sollicitent régulièrement notre service de certificateur de produits biologiques », révèle Sandra Randrianarisoa, directeur régional de l’Ecocert. « Une entreprise peut présenter plusieurs produits à certifier », poursuit-elle. Le réseau de produits biologiques touche près de 3000 producteurs à Madagascar. Très tendance dans les pays développés, la filière bio est en plein essor à Madagascar. Tous les produits sont concernés, aussi bien les produits agricoles conventionnels, comme le cacao, le café, les épices mais aussi les huiles essentielles comme l’ylang-ylang. « Tous les produits cosmétiques bio sont également très recherchés sur le marché international », selon Ecocert. « Pour Madagascar, nous certifions essentiellement des produits agricoles et des matières premières », note la responsable. Alors qu’en Afrique, il leur arrive de certifier des articles manufacturés « ce qui est dommage pour Madagascar qui ne certifie que des produits bruts, non valorisés. » Alors qu’en Afrique il y a même des demandes de certification de toute une filière depuis le coton jusqu’au T-shirt.

  • Commerce équitable

Certains opérateurs se plaignent du coût de la prestation de l’Ecocert qu’ils jugent trop onéreuse. « C’est relatif, selon la responsable, quand ils exportent en volume les opérateurs constatent que cela vaut le coût. Nous évaluons dans ce cas notre prestation à 1$/kg ».

Sur le marché international, un produit certifié bio est 10-30% plus cher que le même produit conventionnel. Le bureau Ecocert de Madagascar est en charge de toute la région océan Indien et de l’ Afrique de l’Est qui est anglophone. « La compétence de l’équipe de Madagascar n’a jamais été sujette à caution dans notre zone », d’après la responsable. Ecocert est une référence mondiale de la certification bio. A part sa principale activité, Ecocert a également compétence dans la certification du commerce équitable et solidaire. Il élabore un cahier des charges et des outils d’audit déclinant des critères rigoureux. Ce système de garantie couvre des produits alimentaires, textiles et cosmétiques et s’applique à l’ensemble d’une filière. Les aspects sociaux, environnementaux, l’information du consommateur sont renforcés. La certification garantit aux consommateurs que le coût final d’un article sera équitablement distribué à toute la filière et surtout que le petit producteur ne sera pas lésé.

Extrait Madagascar Tribune – lundi 19 mai 2008