Manjakamiadana, le Palais où la Reine règne dans le bonheur, sans soucis, est le plus grand monument du Rova d’Antananarivo. Il a été construit en 1839-1840 par Jean Laborde pour Ranavalona 1ère, sur l’emplacemen de la première case d’Andrianampoinimerina, «Felatanambola».
L’énorme case en bois (30 m de long et 18 m de large), aux lignes régulières, s’est bâtie autour d’une énorme colonne centrale de 40 m de haut («Volamahitsy») qui s’est élevé jusqu’au faîtage. Cet arbre colossal a été rapporté de la forêt orientale (descente de Mananjary) par 10 000 esclaves, dont 2 000 seraient morts de privations, de fatigue ou écrasés. Dix-neuf jours étaient nécessaires pour hisser ce fameux pilier.
La construction primitive, de deux étages, était entourée de vérandas soutenues par de hautes colonnes de bois, lui donnant un aspect léger. Sur le sommet, un grand aigle en cuivre déployait ses ailes, symbolisant la puissance merina qui planait sur les régions de l’Ile.
Trente ans plus tard, en 1869, à la demande de Ranavalona II, Cameron l’a entouré d’un coffrage de pierres, sans doute imposé par la nécessité de consolider l’édifice en bois. Le Palais est alors enserré de quatre tours pleines, aux toits de zinc surmontés de croix de fer. Les légères colonnades ainsi que les vérandas ajourées sont remplacées par un lourd revêtement.
L’intérieur contient désormais six salles superposées (deux niveaux au rez-de-chaussée et à chaque étage), dont la superficie diminue de l’une à l’autre par suite de la forme tronquée de la construction.
Tout symbolisait à la fois le respect de la tradition, avec la disposition des objets selon la division astrologique malgache, et l’ouverture sur l’Europe, avec des meubles, décorations, rideaux, tableaux… d’époque.
La salle de réception (360 m2) des souverains, avec le trône royal, se trouvait au premier niveau. Les salles des étages supérieurs servaient de retraite aux suivants et aux familiers de la Cour.
De larges balcons, occupant l’espace entre la construction de bois et le revêtement de pierre, font sur deux étages le tour du bâtiment.
Des escaliers intérieurs, aux balustrades découpées et vivement colorées, réunissent entre eux les différents niveaux et aboutissent, au sommet du Palais, à une étroite plate-forme battue par les vents, d’où une remarquable vue circulaire s’étend sur les monts et les plaines de l’Imerina.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4008 du 19-05-2008