OMD. Le dernier rapport national de suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement 2007, dont le lancement se fera prochainement, situe les performances et les contraintes de Madagascar par rapport aux objectifs fixés.

La pauvreté accuse un recul à Madagascar, mais celui-ci demeure encore fragile et lent par rapport aux objectifs fixés, avec une disparité régionale importante : les régions Boeny, Diana et Analamanga sont relativement moins touchées, contrairement aux régions des côtes Est, Sud-Est et Sud de l’île, plus frappées par la pauvreté avec des taux de plus de 80%. Par ailleurs, la malnutrition et l’insécurité alimentaire restent des fardeaux insoutenables pour le pays dont le coût est estimé entre 2 et 3% du PIB. C’est ce qui ressort du dernier rapport national de suivi des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), une analyse de la situation et des tendances nationales en matière de développement et d’OMD.

Positif, mais…

Ainsi, d’une manière générale, l’évolution des OMD est globalement positive pour Madagascar. Il n’en demeure pas moins que beaucoup restent à faire dans plusieurs secteurs de la vie nationale. En examinant de plus près le premier objectif, à savoir l’élimination de l’extrême pauvreté et de la faim, le rapport de suivi de noter que de manière globale, 8 régions sur 22 enregistrent un taux de pauvreté inférieur au taux moyen national en 2006. Près de ¾ des pauvres résident en milieu rural, mais une augmentation de la pauvreté urbaine et un fléchissement de la pauvreté rurale, sont tout aussi observés. Cette situation des ruraux s’explique surtout par la hausse des prix aux producteurs des denrées alimentaires alors que les citadins subissent de plein fouet le renchérissement des prix, affaiblissant ainsi leur niveau de consommation.

Faim

Quant au chapitre de la malnutrition, celle-ci se manifeste par le retard de croissance et l’insuffisance pondérale qui frappe 42% des enfants de moins de 5 ans à Madagascar. Pour cette catégorie, ce qui place le pays à un niveau inférieur à d’autres pays d’Afrique sur ce plan. Pour la Grande île, les groupes à risque les plus exposés à la malnutrition et l’insécurité alimentaire sont les enfants des familles rurales pauvres, les femmes enceintes et allaitantes victimes de carences en vitamines associées aux conditions de santé précaires, les groupes vulnérables à faibles revenus en milieu rural et urbain, et enfin les populations vivant dans une situation alimentaire extrême et chronique dans les régions exposées aux catastrophes naturelles récurrentes, notamment les parties Est, Sud  et Sud-Est de Madagascar ainsi que les zones enclavées.

Indicateurs 

Ce chapitre des inquiétudes sur l’insécurité alimentaire aux niveaux mondial et national, a justement été abordé par le Président de la République, dans son rendez-vous hebdomadaire sur les ondes « Tenin’ny Filoham-pirenena » où il a admis l’existence de la menace d’insécurité alimentaire dans le monde et face à laquelle Madagascar doit promouvoir rapidement les activités agricoles et plus particulièrement les cultures extra-rizicoles. Car actuellement, l’ampleur de la pauvreté se manifestant, notamment, à travers l’insuffisance alimentaire, Madagascar, bien que sur la voie du recul de la pauvreté, n’affiche pas encore d’indicateurs suffisamment au vert pour permettre de sortir la grande majorité de la population de la pauvreté.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7515 du 28 avril 2008