Le pays vient de célébrer tout récemment la journée de l’eau, non sans grande inquiétude. Une occasion pour tout un chacun et les responsables en particulier de se pencher davantage sur les problèmes récurrents de cet or bleu, en particulier des stratégies à renforcer pour l’accès de la population, d’un bon nombre à l’eau potable.
Dans un contexte régional, pour la région d’Amoron’i Mania, les problèmes liés à l’accès de la population à l’eau potable sont l’insuffisance et la défectuosité des infrastructures d’adduction d’eau d’une part, et la dégradation de l’environnement d’autre part.

Menabe – Vatovavy

Le fait est que de par sa position géographique, la région avec ses forêts naturelles du corridor oriental, présente des potentialités énormes. Ses réserves d’eau alimentent à la fois les régions du Menabe à l’ouest et du Vatovavy à l’est. C’est-à-dire que cette région est partagée en trois grands bassins versants. Il y a tout d’abord le fleuve « Mania » et tous ses affluents dans la partie nord de la région, qui forment la partie amont du bassin versant de Tsiribihina (Menabe). Aussi une bonne partie du Vakinankaratra fait partie, avec la quasi-totalité du district de Fandriana et d’Ambatofinandrahana. Dans la partie sud de la région : le fleuve Matsiatra et tous ses affluents constituent la partie amont du bassin versant du Mangoky (sud-ouest) dans lequel s’ajoute d’ailleurs toute la partie occidentale de la Matsiatra Ambony. En général, les parties méridionales des districts d’Ambositra, de Manandriana et d’Ambatofinandrahana font partie de ce bassin. Le fleuve Maintinandrina et ses affluents constituent ainsi que toutes les parties orientales d’Ambositra, la partie orientale de la région. C’est dire que la région d’Amoron’i Mania fonctionne comme un immense réservoir d’eau et s’apparente à un château d’eau qui approvisionne les région environnantes. Ses réserves en eau ne constituent donc pas un problème en soi.

Dégradations

Par contre, les dégradations de ces forêts naturelles du corridor oriental, voire de l’ensemble de la région, constituent une menace majeure pour ses réserves en eau. Les conséquences de ces dégradations commencent à se faire sentir par la population. Les inondations lors des saisons de pluie deviennent imprévisibles de par l’ensablement des bassins et des ravinements des « tanety » à cause évidemment de la diminution des couvertures végétales et forestière due aux feux de brousse et à l’exploitation irrationnelle des forêts. Les méfaits ne s’arrêtent pas là. En période sèche le débit de l’eau diminue fortement. Pire, ces dernières années, des sources se sont taries de manière temporaire, voire même définitive cas respectivement de la JI.RA.FI. dans la localité de Sahamadio-Fandriana et de quelques points d’eau ne sont plus fonctionnelles. Si la situation persiste, tous les efforts risquent de tomber à l’eau à moyen ou à long terme. Matière à réflexion… ?

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7515 du 28 avril 2008