Plus de 100.000 spécimens dans l’herbarium de Tsimbazaza

C’est un véritable patrimoine national, voire mondial que renferme le nouvel herbarium du Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza (PBZT) avec plus de 100.000 spécimens de la flore de Madagascar, en grande partie, endémiques, mais également des spécimens d’autres pays. Il s’agit aujourd’hui du plus grand herbarium des îles de l’Océan Indien qui reçoit environ 15.000 spécimens par an, déposés par les botanistes étrangers et nationaux.
L’établissement vient d’être doté d’une soixantaine d’armoires de conservation, fruits d’une  collaboration entre le PBZT et Conservation International, qui a fait don des 61 armoires d’une valeur de plus de 100 millions d’ariary. Cette nouvelle acquisition permettra de conserver les spécimens d’herbiers suivant les normes internationales. Les 100.000 spécimens, récoltés à Madagascar, en Afrique, en Asie, essentiellement en Chine et dans les îles voisines (Maurice, la Réunion et Comores), y sont répartis en 8000 espèces et 245 familles.
L’herbarium de Tsimbazaza peut donc désormais élargir ses possibilités, en possédant ces armoires de conservation, spécialement étudiées pour conserver très longtemps les plantes séchées. Ce qui n’a pas toujours été le cas car à l’époque des premières recherches sur les plantes de Madagascar, les spécimens d’herbiers ont été envoyés au Museum National d’Histoire Naturelle de Paris. Seuls quelques spécimens étaient conservés à Madagascar et le plus ancien date de 1840. Ce n’est qu’en 1950 que le parc s’est doté d’une salle d’herbier et seulement en 2004 que de nouvelles salles ont été bâties mais les armoires n’étaient pas suffisantes pour conserver tous les spécimens disponibles du parc. Désormais, l’herbarium dispose de plus d’espaces.
Les spécimens d’herbiers, importants pour la recherche, constituent une base de données sur la flore et sur la biodiversité. Ils apportent des éléments essentiels aux chercheurs dans les études monographiques sur une famille ou sur un genre et dans l’établissement de cartes de distribution pour chaque espèce. Ils conservent les descriptions d’une espèce selon sa nomenclature. Grâce à ces spécimens, les botanistes peuvent faire une identification de plantes et les données permettent de statuer une espèce ou de déterminer si elle est en danger, menacée ou éteinte.

Extrait Midi Madagasikara –  Parution N° : 7514 du 26 avril 2008