L’interdiction de la coupe du bois a une influence sur le quotidien des artisans et de leur petite famille. Les artisans sculpteurs dans la campagne d’Ambositra en souffrent. Les hommes désertent le village pour survivre et les femmes et les enfants sont laissés à l’abandon. Un prêtre du diocèse qui soutient certaines de ces familles en détresse donne des explications.

Madagascar Tribune : Pouvez vous nous parler de la vie des habitants dans le village ?

- Père Maximum Razafimahatratra : La terre ne produit pas beaucoup. Le nombre des enfants croît d’année en année alors que les pères de famille sont souvent absents du foyer. Ils sont partis ailleurs, loin du village pour survivre. Durant les deux ou trois premières années suivant leur départ, les hommes viennent visiter leurs familles. Au fil des temps toutefois, ils les abandonnent définitivement. Mais le plus souvent, avant chaque exode, ces hommes mettent enceinte leur femme. C’est phénoménal, mais c’est bien vrai que plusieurs femmes accouchent à l’insu ou loin de leur mari pendant les mêmes périodes…

Depuis quand vivent-ils ainsi ?

M.R. : Depuis des années déjà. Mais la situation a empiré depuis l’interdiction de la coupe du bois et celle de la pratique du « tavy », alors que ce sont les activités qui ont généré des revenus pour cette frange de la population. Les gens dont notamment les femmes trouvent conséquemment la vie dure. 180 femmes dans les quelques fokontany à 60km d’Ambositra vivent ainsi. Leurs maris sont partis pour Tsiroanomandidy ou pour Mahajanga pour travailler et leur laissent les enfants qui deviennent des charges pour elles.

Quel rôle joue donc les prêtres ou les personnes œuvrant dans le domaine caritatif ?

- Seulement 20% de notre travail est consacré à l’évangélisation. Les 80% sont consacrés à la contribution sur l’amélioration de la vie des gens. Convaincus du fait que les gens qui vivent dans la souffrance n’ont point d’oreille pour la prédication, nous contribuons à l’aménagement du terrain, à la lutte contre les dahalo, à la formation des mères de famille. A cela s’ajoutent la demi-pension que nous avons ouverte pour les tout-petits. Ils sont regroupés de façon à ce qu’on puisse les nourrir et pour qu’ils puissent apprendre à lire et à écrire.

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- D.I.F.P. : Incursion dans les villages Zafimaniry

Les étudiants de la 4ème année du DIFP (Département Interdisciplinaire de Formation Professionnelle ) de la FMSH d’Ankatso ont passé dernièrement une semaine de recherche-action à Ambositra, dans la Commune d’Antoetra et dans les villages Zafimaniry. Pouvant devenir des acteurs du développement local, les 28 étudiants ont pu effectuer des études sur l’art Zafimaniry malgré les kilomètres de routes rocheuses, inaccessibles en voiture qu’ils ont dûs effectuer. Ils ont appris les modes de vie de cette population, son origine, l’art qui fait sa spécificité. Ils ont également pu se rendre compte de la dégradation de la forêt et des autres problèmes de la population Zafimaniry. Les autorités locales ont apprécié les réalisations de ces étudiants à la fin du voyage. Le chef de région d’Amoron’i Mania, le sénateur, le député et le maire de la Commune Urbaine d’Ambositra ont d’ailleurs assisté à la soirée récréative où les résultats de la recherche-action ont été présentés.

Extrait Madagascar Tribune – vendredi 25 avril 2008