Décidément, on ne peut s’attendre qu’au meilleur quand les « vazaha » entrent en scène. Comme on l’a annoncé, le public malgache devait s’attendre à une qualité sonore impeccable lors de cette venue de Yannick Noah au sol malgache ce qui s’est produit pour le bonheur d’une marée de spectateurs.

  • Du beau spectacle !

Tout a commencé quand Jean Jacques Goldman est venu à Madagascar accompagné d’une équipe de techniciens connaisseurs en la matière. Sons et lumières qui n’ont fait qu’emporter le public dans un voyage de rêve sur les « matos » existants sur place. Dans notre édition précédente, nous avons bien insisté sur le fait que Yannick Noah jouerait sous les regards bien attentionnés de ses techniciens et avec une touche de « vrais professionnels » dans ce Palais, difficile à sonoriser étant donné que l’endroit n’a pas été du tout conçu pour un tel évènement. Mais la magie s’est produite lors de son unique concert au Palais des sports et de la Culture, samedi soir, devant un parterre de public admirateurs. Présent sur les lieux lors de la balance, nous avons assisté à un procédé qui n’est pas différent de celui des techniciens malgaches utilisant les matériels habituels. Sauf que le soir venu, la qualité sonore n’avait rien à voir avec ce qu’on a l’habitude d’entendre au Palais.

  • Quel est le secret ?

L’inexistence d’une école spécialisée en la matière reste toujours l’excuse le plus valable pour les techniciens nationaux, ce qui est une grande faiblesse dans le milieu du showbiz malgache actuellement. Avec les sonos et les lumières habituels, les techniciens étrangers ont juste joué entre la précision et la régularité pour donner un « show » pas comme les autres lors de ce concert d’Yannick Noah. Tout comme sur scène, l’arrangement musical ne donne pas du tout au public un temps de pause, une fois le ton donné. Tout est assemblé en simultané pour créer un instant plein d’émotion et qui explose directement au coeur laissant le public à la fois bouche bée ou emporté par l’ambiance, selon l’emplacement choisi. Un voyage où tout le monde décolle en même temps et arrive à destination à un moment bien précis.

  • Une équipe est toujours gagnante

Un travail d’équipe à ne pas négliger d’amont en aval. Les musiciens sont présents sur scène afin d’assurer une bonne exécution, loin de ces improvisations inattendues ou autre excès de zèle pour prouver qu’on est mieux que les autres, jouant dans une ligne bien précise résultant d’une qualité d’écoute agréable. Yannick Noah, très « zen » est prêt à assurer sa prestation et utilise tout son énergie pour créer une ambiance magique, sans penser à l’organisation, ni à une fausse note, ni à ses…impôts à payer. En bref, tout simplement des « pros », digne de ce nom. Ce n’est pas le talent qui manque à Madagascar, comme le jeune Ryan, gagnant du concours « Music challenge » interpretant un titre avec Yannick Noah. Le manque d’encadrement est encore une autre histoire à régler. Chacun se débrouille en « autodidacte parfait » et devient « fier » de l’être, une fois reconnu.

  • Un artiste de cœur

Mais Yannick Noah est également un homme de coeur. A la tête d’une association oeuvrant pour des actions humanitaires, il a eu l’occasion de rencontrer les enfants de « graines de bitumes » parrainée par Orange. Une aubaine pour ces enfants saisissant l’occasion et qui ont profité de ces quelques instants pour jouer et chanter avec l’interprète de « Saga africa ». Des moments mémorables qu’ils garderont dans leur tête pour toujours.

  • Coup de pouce

De l’autre côté, l’évènement a vu la participation de plusieurs partenaires qui sont, en une partie, des acteurs principaux d’un tel engouement faisant le succès de Kintana Productions. Orange, Canalsat, Air France, Hotel Colbert, Carlton, et bien d’autres grosses sociétés ont donné leur coup de pouce pour « garder » l’image de marque de leur société associée à la réussite de l’évènement. C’est pourquoi, le souci est loin d’être présent, que ce soit en matière d’organisation qu’en matière d’exécution, des soucis souvent à l’origine de « dégât » sur scène ou dans les coulisses. Une manière de dire que le showbiz n’est guère une simple histoire d’aventure mais nécessite la participation de tous les acteurs, prêts à donner une autre image à la fête « made in Madagascar ». Et l’histoire continue… !

Extrait Madagascar Tribune – lundi 21 avril 2008