La concurrence se durcit dans le transport aérien. Les autres compagnies augmentent leur capacité à un moment où Air Madagascar se trouve dans une mauvaise passe.
Air France et Corsairfly renforcent leur compétitivité sur le marché malgache. Les deux compagnies prévoient d’ajouter chacune une nouvelle fréquence sur la liaison Antananarivo-Paris à partir du mois de juin. Air France compte passer à cinq vols par semaine. De son côté, Corsairfly veut effectuer quatre liaisons hebdomadaires. Les concurrentes directes de la compagnie nationale, Air Madagascar, semblent déterminées à mettre les bouchées doubles pour conquérir le marché malgache. L’augmentation des fréquences traduit une volonté de s’accaparer de nouvelles parts sur le marché.
Prévisions dépassées
Malheureusement, la bonne santé du secteur tourisme et l’affluence des visiteurs ne favorisent pas la compagnie aérienne malgache. Le directeur des ventes marchés extérieurs de Corsairfly, David Parlange, est d’ailleurs confiant en l’avenir du tourisme à Madagascar. «C’est un secteur qui présente des croissances à deux chiffres depuis quelques années», avance-t-il. «Corsairfly vient de gagner des parts de marché sur Madagascar en 2007 et nous pensons garder la même croissance cette année», informe Franck Andriamihaja, directeur d’exploitation de Corsairfly à Madagascar. «Les vols sur Nosy-Be dépassent toutes les prévisions», poursuit-il.
Le nouveau positionnement des deux compagnies étrangères témoigne d’une certaine agressivité commerciale vis-à-vis de la compagnie locale. Air Madagascar n’est pas en position de force à cause de son problème d’avion. Handicapée par la fin du contrat de l’un de ses appareils sur le long courrier, elle subira de plein fouet cette concurrence. L’«open sky», ou l’ouverture de l’espace aérien, se retourne contre le transporteur national. D’un autre côté, la multiplication des fréquences sera bénéfique pour les passagers dans la mesure ou il y aura davantage de places offertes. Malgré la confiance affichée par les dirigeants d’Air Madagascar, la situation est loin d’être satisfaisante. De plus, le «code share» que Air Madagascar et Corsairfly viennent de signer n’est pas à l’avantage de la compagnie malgache.

Encadré
Reprise du «code share»

La reprise du «Code share» entre Air Madagascar et Air Mauritius est en discussion. Après la suppression de cet accord en octobre 2007, les dirigeants des deux compagnies ont émis le souhait de remettre le sujet au goût du jour. Des ébauches de la nouvelle convention ont été présentées aux Seychelles, la semaine dernière, lors de la réunion de la Commission de l’océan Indien.
Le «code-share», en français partage de code, est une pratique commerciale de plus en plus utilisée par les compagnies aériennes afin de mieux se positionner sur les marchés. Concrètement, cela veut dire qu’il y a un partage des dessertes entre deux compagnies pour une même liaison, avec des prix identiques.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 3959 du 18-03-2008