La réparation des digues qui ont cédé avec les pluies du cyclone « Ivan » débute dans l’Alaotra. Les dégats sur la riziculture sont moins importants que prévus.

Les milliers d’hectares de rizières de l’Alaotra retrouvent leur verdure habituelle. L’inondation qui a frappé la région semble être bien lointaine. L’eau s’est déjà entièrement retirée et seules quelques traces de boues laissent deviner que le cyclone Ivan a frappé fort dans ce grenier à riz du pays.
Selon le dernier bilan, 2 000 hectares de rizières sont perdus, mais ce chiffre est révisé à la baisse chaque jour. Les plants de riz ont plutôt bien résisté malgré l’abondance de l’eau dont le niveau a baissé assez rapidement. Des travaux d’urgence sont en cours pour sauvegarder la quantité et la qualité de la prochaine récolte.
Rupture de digue
« L’eau s’est retirée après près d’une semaine dans la plupart des zones inondées, mais ce sont les rizières situées dans les zones basses et près du lac Alaotra qui ont le plus souffert », explique Ravaosolo, un habitant de la commune de Tanambe, une des localités les plus touchées par le cyclone. C’est la rupture d’une digue qui a causé les plus lourds dégâts dans la région de l’Alaotra, particulièrement dans les communes de Tanambe et d’Ambohijanahary. Cette digue protège plus de 7 500 hectares de rizières des crues de la rivière Tsimalahy, dans un périmètre appellé « Anony ».
L’abondance de la pluviométrie ajoutée à l’ensablement causé par l’érosion en est la cause principale mais il y a également la vétusté des infrastructures.
« Nos digues datent des années 50 et cette situation montre qu’elles ont besoin d’être réhabilitées », estime le coordonnateur national du projet Bassin versant et périmètre irrigué du lac Alaotra (BVPI).
Des travaux d’urgence ont été entrepris pour colmater avec des sacs de sable les brèches sur la digue qui mesure 1 000 mètres au total. Pour protéger les rizières si une autre inondation survenait. Plus d’un millier de personnes se sont mobilisés avec une lourde délégation du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche (MAEP) conduite par son secrétaire général Philibert Rakotoson qui a apporté 10 000 sacs et 5 000 bois ronds, avec 29 tonnes de semences améliorées d’une variété à cycle court pour ceux qui veulent et peuvent replanter du riz dans les zones sinistrées.
« Cela pour montrer aux gens que nous sommes des partenaires présents même dans les moments difficiles », déclare Philibert Rakotoson.
Deux communes en particulier ont été frappées par l’inondation : Tanambe et Ambohijanahary. Après le découragement des premiers jours, les habitants commencent à être plus optimistes sur la quantité et la qualité de la prochaine production. La plupart ont décidé de renforcer la croissance des plants de riz par de l’engrais. « C’est nécessaire au moment où le riz se prépare à fleurir », estime un producteur.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 3956 du 14-03-2008