Une oeuvre écrite par une Malgache, déjà connue dans le milieu littéraire, concourt pour un prix. D’autant que son thème tourne autour de sujets locaux.
La littérature malgache francophone à l’honneur. Avec Juillet au pays, son dernier roman sorti vers fin 2007, Michèle Rakotoson a été récemment nominée pour la finale du Prix Amila-Meckert, dont la proclamation se fera le 30 avril au Théâtre d’Arras à Paris.
Comblée, l’écrivain ne cache pas ses émotions. «Je suis très heureuse d’avoir été présélectionnée dans le cadre de ce prix», revèle-t-elle.
«Juillet au pays se trouve en lice en compagnie de très grosses pointures de la littérature française. Je pourrais citer Olivier Adam, présélectionné pour le Goncourt et il a failli l’avoir, car c’est vraiment un des plus grands écrivains français de la nouvelle génération. Philippe Claudel, lui, a eu le Goncourt des lycéens, et pour un livre précédent, le prix Renaudot», précise-t-elle.
Lecture publique
Michèle Rakotoson conçoit quelque peu cette nomination comme l’aboutissement d’une lutte collective pour une cause noble, dont elle est devenue sa porte-parole.
«Quand j’ai appris que je suis nominée, toute la journée j’ai pensé à mes parents. A ma mère qui a créé la Bibliothèque municipale d’Antananarivo, à mon père qui a été journaliste. Ces deux grands intellectuels sont morts très pauvres, comme beaucoup d’intellectuels chez nous», concède-t-elle.
«Je dédie également cette nomination à tous ceux qui, au pays, se battent pour l’intelligence et l’indépendance, et je sais à quel point il est difficile ce combat-là, dans un pays pauvre», continue Michèle Rakotoson.
Par ailleurs, le «Projet Bokiko» a été initié en France en 2006 par Prediff (Presse, édition et diffusion) avec Hetsika diaspora France dirigée par Michèle Rakotoson, et le CEMDLAC, le réseau national de lecture publique à Madagascar, dirigé par Victoire Ramilison. L’objectif consiste à promouvoir les nouveaux écrivains malgaches et à les éditer.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 3954 du 12-03-2008