Des obstacles au développement agricole

Nonobstant l’adoption des techniques culturales améliorées qui tendent à faire tache d’huile par les producteurs. Le doublement ou le triplement de la production agricole dans la région d’Amoron’i Mania s’avère difficile dans un contexte qui ne lui est pas favorable. Un encadrement à grande échelle de ces producteurs est donc l’idéal pour pouvoir surmonter  tous les obstacles.
Les cultures vivrières occupent 98% des surfaces totales cultivées, soit près de 89 000ha sur 90 348ha. La riziculture vient en tête avec 44%. Elle est suivie par les cultures de manioc 12%, de patate douce 10% et de haricots 8%. Les restes sont composés entre autres de pommes de terre et d’arachide. Les cultures de rente et industrielles ne représentent que 1%. Environ 27% des cultures se font dans les plaines et les bas fonds, 29% sur les plateaux, 11% dans les baiboho et le reste dans les vallées, collines, gradins ou terrasses.

Fertilité

De 1999 à 2001, la perception de l’évolution de la fertilité des rizières dans 53 communes rurales sur 54 a montré que 40% environ des rizières sont devenues moins fertiles et se sont beaucoup dégradées. Toujours sur les 53 communes enquêtées, 30 communes (56%) connaissent un problème d’ensablement de bas fond. Cette superficie ensablée correspond à près de 615ha. Les communes où le problème d’ensablement de bas fond est très significatif sont : Ambatomifanongoa, Ambondromisotra, Amborompotsy, Itremo, Mandrosonoro, Mangatabohangy, Soavina dans le district d’Ambatofinandrahana. Pour le district d’Ambositra : Alakamisy-Ambohijato, Ambinanindrano, Ankazoambo. Pour le district de Fandriana : Fandriana, Milamaina, Sahamadio, Sandrandahy, Tsarazaza.
Considérant toujours cette période de 1999 à 2001, en ce qui concerne les tanety, la perception de l’évolution de la fertilité des tanety dans les 53 communes rurales montre que 64% des tanety se sont considérablement dégradés.
Compte tenu de la dégradation de ces rizières et de ces tanety, les principaux problèmes résident dans la difficulté pour les paysans producteurs d’acheter de l’engrais dont les prix ne cessent d’augmenter sur le marché. Il y a aussi pour ces producteurs la difficulté de s’approvisionner en semences de bonne qualité et d’acquérir des petits matériels agricoles. « Il y a des terres trop dures qui ne peuvent être travaillées par une charrue. Nous ne disposons pas des moyens d’en acheter. Nous devons donc nous contenter de nos angady », se lamentent la majorité des producteurs qui ne peuvent pas faire grand-chose en tenant bien compte du calendrier cultural.

Eau

Bien que des mesures aient été prises pour la gestion rationnelle et durable de l’eau, comme la création des associations des usagers de l’eau (A.U.E.) ou de groupement d’irrigants. Ces structures se trouvent dépassées par les événements et le temps. Du fait que l’aménagement et la réhabilitation des réseaux hydroagricoles nécessitent d’énormes moyens d’investissements comme le drainage avec l’aide de pêles mécaniques et autres ouvrages. Sur une surface dominée irrigable de 11 809ha, les surfaces irriguées ne représentent que 5.306ha soit moins de 45%.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7471 du 05 février 2008