Au moment où la mondialisation bat son plein, les Etats, en particulier du Sud, se désengagent de nombreuses activités. La vague de privatisation qui fait suite au mouvement de libéralisation a laissé certains secteurs ou domaines d’activités dans l’expectative. Parallèlement les ONG se sont multipliées pour « occuper le vide ». Cette offensive ou cette présence de plus en plus marquée des ONG porte-t-elle atteinte à l’image de l’Etat ?

Dans le cas de Madagascar, il fut un temps où la reconnaissance, ou la légalisation, des ONG a été suspendue. La raison est simple : l’Etat cherche à les comprendre et à leur donner plus de légitimité et de légalité. Il faut dire que leur statut n’est pas bien défini. Car beaucoup de leur dirigeant en ont fait des sources de revenus au lieu d’activités de redistribution philanthropiques. Une restructuration s’est avérée nécessaire.

Aujourd’hui, avec l’afflux des aides, programmes et projets de développement et la multiplicité des ONG de tous les horizons, le débat sur les ONG initié par le CEDS (voir article par ailleurs) est plus que d’actualité. Le cas du programme Sida qui, l’an dernier a fait monter le président Ravalomanana au créneau parce que la Banque mondiale a demandé plus d’informations quant à l’usage des fonds, laisse croire qu’il y a eu « mauvaise gouvernance » de l’aide. Apparemment, des ONG se seraient fait leur blé sur le programme de lutte contre le Sida. La restructuration des ONG est depuis quelque temps en cours.

Mais il y a aussi ONG et ONG. Les plus connues sont les ONG internationales ou qui ont des racines extérieures et qui souvent sont perçues comme des partenaires de l’Etat. Elles sont équipées des moyens d’action et bénéficient de l’appui de cet Etat. Elles ont des moyens logistiques et ressources énormes. Mais il y a les autres ; les petites qui évoluent pourtant dans les zones les plus reculées du pays, inaccessibles aux 4X4 et que seuls les piétons et l’hélicoptère peuvent atteindre. Celles-là sont trop souvent en conflit avec les autorités locales pour leur légitimité acquise auprès des populations bénéficiaires de leurs activités.

Quoi qu’il en soit, les ONG ne sont-elles pas en train de réduire les bénéficiaires de leurs activités en l’état d’assistés et de dépendants ? L’Etat doit-il céder une partie de ses fonctions régaliennes (santé, secours d’urgence) à ces ONG qui, parallèlement, construisent routes et lieux d’aisance publics ?

Extrait Madagascar Tribune – mercredi 27 février 2008