44 morts, plus de 210 000 sinistrés et plusieurs routes nationales coupées

Le bilan du passage du cyclone Ivan s’alourdit de jour en jour. La dernière situation communiquée hier par le BNGRC (Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes) fait état de 44 morts, 478 blessés, 17 personnes portées disparues,  210 852 sinistrés et 143 719 sans-abri. Ces pertes en vies humaines se sont notamment produites dans la région d’Alaotra Mangoro, en raison de la montée des eaux.

Insécurité alimentaire

Ivan a fortement affecté le grenier à riz du pays. Les 15 000 hectares, des quelque 20 000 hectares de rizières actuellement sous les eaux à travers la Grande Ile, y sont localisées. Les riziculteurs de la région craignent ainsi une perte sans précédent de la production de l’aliment de base à cause des inondations, ainsi que des ruptures de digue et des canaux d’irrigation.
Mais ce n’est pas seulement la production rizicole qui est mise à mal par Ivan. Les autres cultures sont également concernées. Plus de 46 690 champs se trouvent toujours sous les eaux jusqu’à présent. La situation risque d’empirer si les eaux ne se retirent pas au plus vite. Le pays est ainsi sous une sérieuse menace d’insécurité alimentaire dans les six prochains mois. La période de soudure de mars à avril est déjà très critique. Et celle de septembre à octobre est aussi incertaine.

Transbordements

Par ailleurs, les infrastructures, surtout routières, ont été sérieusement endommagées à cause d’Ivan. Plusieurs routes nationales sont coupées, rendant ainsi difficile l’approvisionnement dans certaines régions. C’est le cas, entre autres, dans le Menabe par où Ivan est sorti en mer le mardi 19 février dernier. La RN 35 est impraticable suite à la rupture du Canal de Dabara. Même topo sur la RN6. De Tana à Antsiranana, les passagers subissent trois transbordements notamment à Mahasolo, à Antanetilava et à Tsarahasina. En fait, les voies inaccessibles sont nombreuses tant dans le Nord que dans le Sud, à l’Est comme à l’Ouest. Ivan a provoqué d’énormes dégâts, non seulement sur les régions où il est passé, mais partout à travers le pays.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7463 du 25 février 2008