Donner toute son importance à la langue malgache !

« Le premier instrument du génie d’un peuple, c’est sa langue ». Cette citation de l’écrivain Stendhal a été mise en exergue par l’ambassadeur de France auprès des Nations Unies lors de la 96ème session plénière de l’assemblée générale de cette grande institution. Il présentait alors un projet de résolution sur le multilinguisme. « Le droit à l’usage de sa langue, la capacité à communiquer et donc à comprendre et se faire comprendre, la préservation d’un héritage souvent vieux de plusieurs siècles ou millénaire doivent bien être au cœur de la mission des Nations Unies », devait-il insister.

Partie prenante

Le texte devait être adopté par consensus et il proclamait l’année 2008, année internationale des langues. Madagascar, comme tous les autres pays du monde, est partie prenante dans cette résolution et les cercles pensants profitent de l’occasion pour donner toute son importance à cette belle langue malgache qui reflète notre identité. C’est à l’académie malgache, siège du savoir, qu’aura lieu le lancement officiel des manifestations entrant dans ce cadre.
«93% des Malgaches ne parlent que le malgache et ne communiquent qu’à travers cette langue ». Cette évidence ne se discute pas et Mme Juliette Ratsimandrava à raison la met en exergue pour souligner l’importance de cette langue dans la vie de tous les jours. Il s’agit maintenant d’en faire la langue officielle, comme le mentionne la Constitution. Le slogan adopté pour la célébration de cette année internationale des langues est « Teny malagasy, teny ibeazako, teny ahombiazako ».

Instrument de réussite

 Deux volets y apparaissent : la langue malgache comme instrument de réussite, d’ouverture et d’épanouissement et la langue malgache, langue d’enseignement et outil de formation. Il ne s’agit bien évidemment pas de mettre à l’index les langues étrangères, le français et l’anglais étant des vecteurs de communication nécessaires avec l’extérieur. Mais priorité devrait être donnée à la langue malgache dans la recherche et l’enseignement. Les termes utilisés devraient avoir leurs équivalents dans la langue nationale. .
 Les efforts à fournir sont de longue haleine, mais ils doivent être soutenus. Il faut un travail de conscientisation constant : encourager la production littéraire dans la langue nationale, sortir le plus grand nombre d’ouvrages d’enseignement  et mettre en place une sorte de banque de termes de la langue malgache. Les médias sont l’un des acteurs privilégiés de cette stratégie. Les manifestations qui se dérouleront tout au long de cette année 2008 permettront de la mettre en lumière.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° : 7459 du 20 février 2008