Le tourisme international en plein essor, malgré la flambée du pétrole

PARIS – Le tourisme international continue de croître à un rythme élevé, malgré la hausse des prix du pétrole et la crise des marchés financiers, estime le secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), Francesco Frangialli.

Q: L’OMT prévoit une croissance de 5,7% du tourisme international en 2007. Ce pronostic est-il compromis par l’envolée des prix du pétrole?

R: A ce stade, les prix élévés du pétrole ont été absorbés par le secteur sans conséquence majeure, de même que la crise de l’immobilier américain et les valses-hésitations des Bourses mondiales qui, pour l’instant, n’ont pas eu de répercussion sur le tourisme.

Mais peut-être les comportements vont-ils changer en atteignant 100 dollars le baril. Notre panel de 200 experts dans le monde est encore à peu près aussi optimiste qu’avant pour la fin de l’année, et un peu moins pour 2008.

Nous tablons sur une hausse de 5% pour 2008, c’est un petit ralentissement par rapport à ces trois dernières années, mais la tendance reste toujours au-dessus de la pente moyenne à long terme sur 30 ans, qui est autour de 4,1% de croissance annuelle. L’économie mondiale se porte très bien.

Q: Quels sont les risques qui pèsent à présent sur le tourisme mondial?

R: Depuis les attentats du 11 septembre, nous vivons dans un environnement très chahuté. Nous avons dû faire face au tsunami, et actuellement nous nous préparons à la possibilité d’une pandémie de grippe aviaire.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le problème n’est pas de savoir si cela va arriver mais à quelle date, surtout après la dernière mutation du virus, qui rapproche la possibilité de transmission à l’homme. Ce serait un désastre pour notre secteur, car la première réaction des gouvernements, c’est de fermer les frontières ou interdire l’accès à certaines zones.

Autre préoccupation, le réchauffement climatique, dont le tourisme est la fois victime et responsable, car il contribue pour environ 5% à l’émission des gaz à effet de serre.

Q: Pourquoi avez-vous choisi la Colombie, destination peu touristique, comme lieu d’accueil pour votre assemblée générale?

R: La Colombie, qui était en concurrence avec la République tchèque et la Malaisie, a fait une grande campagne. Le pays tente de se positionner sur la carte touristique du monde où il n’est pas encore vraiment présent, même s’il a attiré en 2006 plus d’un million de visiteurs étrangers. En accueillant notre assemblée, le président Alvaro Uribe souhaite transmettre le message que la Colombie est un pays stable où l’on peut se rendre en sécurité.

(©AFP / 21 novembre 2007 13h12)