L’arbuste "Jatropha Curcas" postule pour le poste de "solution miracle" face au défi de l’environnement.

Ce petit arbre frugal pousse sur des sols semi-arides, ne demande pas d’eau, ni d’entretiens, et son rendement en huile est supérieur à celui du colza ou du soja. Qui dit mieux ?

Jean-Louis et Elsa Pellet, auteurs de "Jatropha curcas, le meilleur des biocarburants", n’en démordent pas. L’arbuste "pourrait bien s’apparenter à une plante formule magique". La liste de ses avantages est, il est vrai, impressionnante. Sa principale qualité est de pouvoir grandir sur des sols semi-arides. Ainsi, elle ne rentre pas en concurrence avec les productions agricoles alimentaires, elle rend une fonction à des millions de terre impropre aux cultures, elle lutte efficacement contre la désertification, elle produit de la biomasse, et absorbe du CO2. Elle pourrait par ailleurs fournir de l’emploi dans des pays en voie de développement.

Sa performance est remarquable, mais elle ne s’arrête pas là. L’arbuste, pouvant atteindre une taille de six mètres, n’a besoin ni d’entretien, ni d’eau. Ses graines étant très oléagineuses, le Jatropha fournirait entre 1500 et 1900 litres d’huile par hectare. Là où le soja, le tournesol et le colza produisent respectivement 450, 950 et 1190 litres. Le potentiel en biocarburants est considérable. En couvrant un pourcent de son territoire de Jatropha (4000km²), Madagascar deviendrait autosuffisant en biocarburants.

Michel Degailler, expert en biocarburant au Spf Environnement, confirme: " cette plante associe le merveilleux". Mais aussitôt de mettre en garde: "Il y a un danger au sortir de son contexte naturel et de l’implanter là où elle va plus que prospérer. Si elle vient à perturber des équilibres végétaux, il y aura un déséquilibre de la pyramide alimentaire et donc une perte de biodiversité".

Mais si le cadre de production est bien contrôlé, l’expert "ne voit aucune raison de ne pas soutenir des projets avec le Jatropha dans des pays qui affrontent la désertification. Car l’avantage premier de la plante reste de fixer des terres et d’empêcher l’érosion des sols, tout en produisant de la biomasse et de l’huile".

Pour les auteurs Jean-Louis et Elsa Pellet, l’année 2006 est l’année du "décollage du Jatropha curcas". Aujourd’hui, Inde, Sénégal, Vietnam et Surinam, ainsi que la Chine misent sur la plante dite miracle. L’an passé en Inde, deux locomotives de dérivés d’huile végétale ont roulé au Jatropha. Un nouvel exploit pour une plante qui file à toute vapeur.

Extrait Le Quotidien de Madagascar – 24-10-2007